Urgences : quand on casse sciemment la vie des médecins urgentistes

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Urgences : quand on casse sciemment la vie des médecins urgentistes… Stop à cet esclavagisme moderne !

Jour après jour, garde après garde, le constat « du naufrage programmé » des structures d’urgences qui préfigure celle du modèle du service public hospitalier Français paraît inéluctable. Le fossé entre les médecins urgentistes de l’hôpital public et nos administrations de tutelle n’a jamais été aussi grand.

Les conditions de travail ne sont plus tenables pour le personnel médical et paramédical des Samu, des Smur et des Services d’Accueil des Urgences.

SUdF et le SNPHARE déplorent que les équipes de soins n’aient plus les moyens humains et matériels en adéquation avec leurs missions de plus en plus pesantes. Les praticiens, les soignants et leurs patients subissent au quotidien une véritable crise sanitaire. Les sources d’épuisement sont multiples, liées au temps de travail, aux rythmes de travail de nuit et de week-end, aux plages horaires mouvantes, à la saturation des urgences, à la difficulté à trouver des lits d’aval… mais aussi aux violences psychologiques et parfois physiques.

Quel désarroi, quelle tristesse de voir la situation actuelle de tous ces médecins – femmes et hommes – dénigrée par les pouvoirs publics, malgré leur engagement fidèle et constant aux valeurs du service public… Les urgentistes ne peuvent se résigner aux drames qui surviennent dans leurs services, alors que la vie des autres est une des sources de leur vocation. L’absence de bienveillance et de clairvoyance de nos décideurs est dramatique : les objectifs budgétaires priment sur ceux de qualité et de sécurité des soins. La situation est intolérable et cet «anachronisme de l’intolérable» jamais ne peut l’emporter et doit immédiatement cesser.

Le SNPHARE et SUdF soutiennent la mobilisation actuelle des urgentistes et ne cessera de dénoncer « les situations insoutenables subies » par les patients et les soignants.

Les exemples des CHU de Reims, de Lyon, de l’APHP… des CHG de Tarbes, de Toulon, de Hyères… témoignent d’une rupture du pacte de confiance entre certaines directions et les praticiens. Attention à l’explosion générale qui se préfigure !

Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé, « Ma Santé 2022 » ne nous laisse rien entrevoir : il est temps d’être solidaire et préoccupée de la santé des soignants des services d’urgence, pour qu’ils puissent soigner nos concitoyens.

Monsieur le Président, un plan Macron pour les Urgences s’impose à la hauteur de vos engagements pour la France, pour que les urgentistes ne soient plus les funambules d’un système de soin abandonnique, pour que l’Hôpital Public retrouve sa place en tant que pilier de la République… L’avant-garde de l’hôpital et souvent du système de soins vous alerte sur cette nécessité historique. L’Hôpital Public brûle à petit feu, les soignants sont sacrifiés sur l’autel d’une finance aveuglée par l’activité et une tarification désuète.

Anouar Ben Hellal, secrétaire général SNPHARE
Jean-François Cibien, vice-président SUdF
Anne Wernet, présidente SNPHARE
François Braun, président SUdF

1 COMMENT

  1. 118 jours de grève aux urgences de toulon en 2018 et beaucoup de larmes pour ne plus accepter les conditions de travail dans les services d urgences de France ! 118 jours un record . 118 jours à 15 klm d un président en vacances et sur lequel ces équipes veillaient aussi …. un président qui voulait aller à la rencontre des français sur le terrain . En toute discrétion hors caméras et dans une démarche de vérité et de sincérité peut être aussi de respect de ces hommes et femmes de passion et de valeurs il eut été apprécié que ce président vienne vers eux incognito ! Ils ne l ont jamais vu .En politique écrit le Cevipof , la confiance est une valeur cardinale de la démocratie . Que penser de cette dimension de la démocratie quand plus personne ne fait confiance ? Le député Patrick vignal de Lrem a dit » à force de ne pas écouter à force d’arrogance de suffisance et de mépris nous avons créé la société de la réciprocité des mépris. Nous devons faire notre méa culpa » . C est courageux . Bravo ! Quand le balancier est parti loin beaucoup trop loin on peut s’interroger sur la dimension temps pour renouer avec cette confiance perdue . Le Cevipof nous rassure les français plébiscitent l hôpital à plus de 80% là où ils ne plébiscitent plus ceux qui ne les représentent plus à hauteur de 30% . Nous savons pour qui et pourquoi nous nous battons et continuerons à nous battre . Docteur vincent carret urgences toulon et amuf var

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