Dans le cadre des mobilisations sociales annoncées des samedi 17 et 24 octobre 2026, la LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humains) dénonce la multiplication d’arrêtés préfectoraux interdisant tous rassemblements dans de nombreuses villes de France dont Toulon.
Ces arrêtés quotidiens portent atteinte à plusieurs libertés fondamentales : la liberté d’aller et venir, la liberté de réunion pacifique, la liberté d’expression collective des idées et des opinions, sans oublier le droit au recours effectif mis à mal par des publications tardives.
À Toulon, la préfecture du Var a refusé le parcours proposé pour le 24 par les organisations appelant à manifester pacifiquement, proposant d’aller manifester à …Brignoles ou à défaut au Rond-Point de Bon Rencontre !
La LDH et sa section de Toulon Métropole poursuivront leur action pour garantir le respect de l’État de droit et défendre l’exercice effectif des libertés fondamentales pour toutes et tous.
Par ailleurs, après un maintien de l’ordre particulièrement chaotique et incohérent samedi 17 octobre 2026, et alors que quatre jours plus tard, aucune réponse aux revendications des mouvements lycéens, étudiants, sociaux n’est apportée par le gouvernement, le Président de la République a reçu les organisations lycéennes sans apporter de réponses précises. A contrario, les seules annonces concernent une escalade dans le déploiement des moyens de répression non formés au maintien de l’ordre ; il y a là de quoi inquiéter toutes celles et tous ceux qui attendent du gouvernement une stratégie de désescalade politique.
Il est à craindre que la rencontre des lycéén.ne.s du 25 n’apporte que des réponses ponctuelles et de circonstance.
Face à l’urgence d’une indispensable protection à apporter pour l’exercice de la liberté de manifester, pour le respect de l’intégrité physique et de la sécurité des personnes qui seront inévitablement dans la rue dans les semaines à venir, alors que l’emploi d’armes dites « sublétales » a déjà provoqué des mutilations, la LDH Nationale a saisi le Comité des droits de l’enfant de l’ONU et en appelle au Haut-Commissaire aux droits de l’Homme pour qu’il effectue une mission d’observation des manifestations qui vont se dérouler afin que manifestantes et manifestants puissent s’exprimer pacifiquement.
La LDH a déjà dénoncé le recours au « Guide opérationnel des violences urbaines » (Govu) contre les blocus lycéens, les protestataires mineurs ayant été traités comme des délinquants, au mépris de l’exercice de leur liberté de manifestation pacifique et de la protection spécifique due aux enfants (conformément à la Convention internationale des droits de l’enfant – Cide).
Le ministre de l’Intérieur a annoncé le déploiement des forces prévues dans le cadre de ce Govu sur le territoire, avec la mobilisation de militaires participant à l’opération dite « Sentinelle », un dispositif de nature militaire, créé après les attentats de 2015 pour répondre à un risque terroriste. De même, il a dit faire appel à la brigade de recherche et d’intervention (BRI), au Raid et au groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), là aussi des unités d’intervention formées pour répondre au grand banditisme (BRI), à des prises d’otages ou des actes de terrorisme (Raid et GIGN).
Ces unités vont être déployées en situation de manifestation de masse avec des armes de guerre spécifiques. L’inquiétude doit être d’autant plus grande qu’outre leur non-formation à intervenir en milieu manifestant, ces forces font l’objet d’un moindre contrôle que les CRS ou les gendarmes mobiles.
La LDH appelle le gouvernement à apporter des réponses de nature politique, dont un objectif est aussi la désescalade. Alors que l’état de la démocratie est une question posée dans le débat public, le gouvernement a une responsabilité première pour rétablir le droit à manifester de façon pacifique. Il ne peut pas employer l’armée contre sa population.
La LDH assure les mouvements lycéens, étudiants et sociaux de son soutien à leur mobilisation pacifique.








