La cité administrative des Lices a inauguré en juin 2026 une installation solaire dont le surplus de production sera redistribué aux autres bâtiments de l’État du quartier, grâce à une boucle d’autoconsommation collective.
Cité des Lices et installation de panneaux solaires
La cité administrative des Lices regroupe dans le voisinage de la Préfecture du Var les locaux de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), de la direction départementale de la protection des populations (DDPP), et de la direction départementale des finances publiques (DDFIP). La cité administrative des Lices a inauguré en juin 2026 une installation photovoltaïque (panneaux solaires) sur les toitures de 2 de ses 3 bâtiments, réalisée par Engie.
Cette capacité de production installée sur ces bâtiments dépassant de moitié leur consommation, il a été recherché la façon de distribuer virtuellement cette production excédentaire aux autres bâtiments de l’État dans le quartier, dans le cadre d’une boucle d’autoconsommation collective (ACC).
L’autoconsommation collective
Définie par l’article L.315-2 du Code de l’énergie, l’arrêté du 21 février 2025 et le décret n°2026-561 du 26 juin 2026, l’autoconsommation collective permet de partager localement une production d’énergie renouvelable entre plusieurs bâtiments. Grâce à l’infrastructure du réseau et aux compteurs communicants, Enedis fait le lien entre les différents sites, permettant de reconstituer les flux produits et consommés. Cet usage est en pleine croissance : au 1er octobre 2026, on recense en France :
• 2666 opérations en service, soit deux fois plus qu’en 2025,
• 1719 opérations en projet.
Dans le Var, on dénombre 39 opérations en service et 40 opérations en projet. En particulier dans le Var, 17 collectivités ont équipé les toitures de panneaux photovoltaïques pour une utilisation en autoconsommation collective, et 30 autres projets du même type sont à l’étude dans le département.
L’autoconsommation collective est ouverte à tous types de projets, qu’ils soient patrimoniaux (une même entité produit et consomme) ou ouverts, avec plusieurs participants associés au sein d’une personne morale organisatrice (PMO) :
• Collectivités territoriales, services de l’État et établissements publics : 53 % des opérations ;
• Entreprises, commerçants, associations et particuliers : 45 % ;
• Bailleurs sociaux : 2 % (dont une opération portée par Var Habitat).
Les participants doivent être regroupés au sein d’une personne morale organisatrice qui coordonne le projet et définit les règles de répartition de l’énergie produite. Dans le cas de l’ACC des Lices, c’est le Préfet du Var qui représente l’ensemble des bâtiments de l’État dans le département, il est donc la personne morale organisatrice de cette boucle d’autoconsommation collective.
Déploiement et fonctionnement de l’autoconsommation collective
L’autoconsommation collective est une démarche simple à mettre en œuvre : il suffit de réunir un producteur d’énergie renouvelable et des consommateurs souhaitant partager cette production, le tout dans un cercle de 2 km de diamètre.
La mise en œuvre d’une opération d’autoconsommation collective repose sur plusieurs étapes :
-Identifier les sites participant à l’opération et le site de production, généralement photovoltaïque ;
-Définir les clés de répartition de l’énergie entre les participants ;
-Déclarer l’opération auprès d’Enedis afin d’assurer le comptage et le calcul des flux énergétiques.
Enedis accompagne les porteurs de projet à chaque étape, du montage de l’opération à sa mise en service, en assurant le comptage, la répartition de l’énergie et le bon fonctionnement du dispositif. Le fonctionnement concret de l’ACC est le suivant : le surplus produit est distribué sur le réseau via l’infrastructure déjà existante, ce surplus est compté en sortie du bâtiment producteur avec un pas de temps de 15 minutes. Alors, conformément à la règle de distribution convenue entre les partenaires, ce surplus est déduit des compteurs partenaires et donc des consommations facturées au titre de la production par EDF, bien que concrètement ce ne sont pas ces compteurs qui sont réellement alimentés par ce surplus.
La taxe d’utilisation du réseau électrique (TURPE) reste en revanche de mise puisque le surplus requiert bien d’emprunter l’infrastructure électrique afin d’assurer sa distribution. Pour la cité des Lices, le surplus sera réparti entre les bâtiments de la boucle, proportionnellement à leur consommation d’électricité.
La boucle est constituée des 4 bâtiments des Lices et du bâtiment de la préfecture du Var.
Les avantages à créer une boucle d’autoconsommation collective
L’ACC permet non seulement de gagner en indépendance énergétique, mais aussi de réaliser une économie locale durable. C’est aussi un levier concret de décarbonation des territoires, car le dispositif permet de consommer localement une énergie produite à partir d’énergie renouvelable en favorisant les circuits courts.
-Économiques
• Réduction de la facture énergétique ;
• Meilleure maîtrise de l’évolution des coûts de l’énergie ;
• Valorisation de l’électricité produite localement ;
• Rentabilité des petits projets de production électrique.
-Environnementaux
• Développement des énergies renouvelables ;
• Diminution de l’empreinte carbone ;
• Consommation d’une énergie produite localement.
-Territoriaux
• Création de boucles énergétiques locales ;
• Mobilisation des acteurs d’un même territoire autour d’un projet commun ;
• Renforcement de la résilience énergétique des territoires.
-Pédagogiques
• Sensibilisation des citoyens et des usagers à leur consommation d’énergie ;
• Appropriation des enjeux de transition énergétique.
Favoriser l’électrification des usages
Par ailleurs, l’autoconsommation collective s’inscrit pleinement dans les orientations nationales de souveraineté énergétique et de transition écologique. En vue d’atteindre les objectifs de neutralité carbone pour 2050, l’État cherche à favoriser l’électrification de tous les usages dans le cadre Grand Plan National d’électrification, notamment à travers les secteurs de la mobilité, du bâtiment, de l’industrie/artisanat, de l’agriculture. Une des mises en œuvre de ce plan se trouve dans la démarche « 100 territoires d’électrification », qui concerne dans le Var la Communauté de Communes Lacs et Gorges du Verdon, qui travaillera en particulier sur la mobilité électrique avec un meilleur maillage de ses bornes de recharge électriques.
Cette démarche suppose donc une augmentation de la production d’électricité par des énergies renouvelables, et c’est pourquoi l’État encourage le développement des boucles d’autoconsommation collective dans les établissements publics et privés. Cette initiative contribue ainsi à :
• Accélérer le développement des énergies renouvelables, plébiscitées par les collectivités locales ;
• Valoriser les toitures et les espaces déjà artificialisés, notamment dans les zones d’accélération des énergies renouvelables ;
• Favoriser la production locale d’électricité ;
• Renforcer la résilience énergétique des territoires ;
• Associer directement les citoyens, les collectivités et les acteurs publics à la transition
énergétique, en favorisant l’émergence de projets ouverts.
État des lieux de la production d’énergie photovoltaïque dans le département
Les lois de Transition Énergétique pour la Croissance Verte (2015) et Climat et Résilience (2021) ont fixé des objectifs ambitieux pour le développement des énergies renouvelables (EnR), notamment 40 % d’électricité renouvelable d’ici 2030. La production d’EnR se retrouve également concrètement dans l’inventaire législatif, tel la loi APER (2023) qui fixe une obligation de solarisation des parkings de plus de 1 500 m2 et une obligation d’équipement photovoltaïque pour certaines nouvelles toitures.
L’énergie électrique renouvelable produite dans le Var (toutes filières confondues) s’élève à 1,2 TWh par an, ce qui représente 20,7 % de la consommation électrique du département.
La puissance photovoltaïque installée dans le Var s’élève à 658 MW (dont 420 MW par des centrales photovoltaïques au sol) et produit 792 GWh par an, soit 13 % de la consommation électrique du département. Cette valeur moyenne cache cependant de profondes disparités entre les intercommunalités en matière d’autosuffisance énergétique.
Le territoire de la communauté d’agglomération de la Provence Verte est le principal producteur d’énergie solaire avec 182 MW installés sur le territoire. En ajoutant les capacités des territoires de Dracénie Provence Verdon agglomération (115 MW) et de la communauté de communes Provence Verdon (82 MW), ces trois espaces représentent près de 60 % de la production d’énergie photovoltaïque du département.
De plus, 17 projets de centrales photovoltaïques au sol sont également en cours d’instruction, pour une puissance de 322 MW, parmi lesquesl le projet de Vins-sur-Caramy de 220 MW. Concernant les nouvelles installations photovoltaïques, la priorité du Préfet reste donnée aux installations sur les friches industrielles, les terrains déjà artificialisés et les grandes infrastructures (parkings, bâtiments tertiaires et agricoles).
Enfin, l’État a financé ces projets d’électrification et de production (au total 101 projets pour 9.4 M€) :
• 24 projets photovoltaïques des collectivités pour un montant de 2.5 M€
• 77 projets de rénovation de l’éclairage public (passage au LED) pour un montant de 6.9 M€.
Lancement de la consultation du document – cadre « Installations photovoltaïques sur
»
L’État élabore un document-cadre afin de définir les surfaces agricoles, naturelles et forestières ouvertes à un projet d’installation de production d’énergie photovoltaïque au sol dans le Var.
Ce document-cadre est issu d’une collaboration étroite entre la Chambre d’agriculture du Var (CA83), l’association des Communes Forestières du Var (COFOR ALEC 83) et la Direction départementale des territoires et de la mer.
Cet été, une première concertation a été menée auprès des représentants des organisations professionnelles agricoles, des professionnels des énergies renouvelables et des collectivités concernées.
Une seconde phase de consultation par voie électronique à l’attention du public débutera dans la seconde quinzaine de novembre. Elle doit permettre de recueillir les contributions de l’ensemble de la population (y compris les associations) sur le projet de document-cadre pour le finaliser à la fin de l’année 2026.
En plus de participer à la lutte contre le réchauffement climatique et à la souveraineté énergétique, le développement des productions d’EnR permet des retombées économiques directes pour les utilisateurs lorsqu’il s’inscrit dans des projets d’autoconsommation individuelle ou collective.
L’autoconsommation individuelle ou collective permet de diminuer la facture énergétique et de la dépendance aux variations du coût de l’énergie et de créer de nouvelles activités non délocalisables.








