« La parole et le geste » : association varoise pour que les malentendants… soient entendus

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L’association « La parole et le geste », créée en 1997 par Hélène Aracil à Toulon au cœur de la cité de La Beaucaire compte aujourd’hui 120 adhérente(e)s. Elle vise à sensibiliser un large public aux problèmes des malentendants mais également à l’enseignement de la langue des signes (L.S.F.).

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C’est l’abbé de l’Epée qui, entre 1760 et 1762, découvre deux sœurs jumelles communiquant entre elles par des signes. Il apprend avec elles ce langage non verbal puis transforme sa maison en école pour les sourds et met au point un alphabet, la dactylologie qui va s’enrichir au fil du temps. Longtemps assimilés aux fous et aux débiles mentaux, internés dans des conditions effroyables, les malentendants ne seront pris en charge qu’au XX e siècle grâce à des associations de parents, aux éducateurs et à la Fédération des sourds de France.

Interdite jusqu’au début du XX e siècle et reconnue comme une langue à part entière en 2001, la langue des signes compte aujourd’hui 14.000 mots, un signe équivalent à un mot et non à une lettre. Elle a également donné naissance à une véritable grammaire avec conjugaisons, participes passés… et utilise des « proforms » pour exprimer le mouvement : par exemple deux index face à face signifient deux personnes qui se rencontrent (un index symbolisant une personne).

« La langue des signes pourrait devenir une langue universelle puisque 20 à 30 % des signes sont communs à toutes les langues des signes étrangères » affirme Hélène Aracil, fondatrice bénévole et passionnée de « La parole et le geste ». Elle a mis au point un enseignement de la langue des signes pragmatique et ludique : « Je suis une martienne de la L.D.S., dit-elle en souriant. Pour bien marquer le rythme, je m’accompagne d’un djumbé et ça marche ! Je traduis même des chansons. Il suffit de 180 heures d’apprentissage pour se débrouiller dans la langue des signes alors que la lecture labiale est ambiguë et sujette à des « sosies labiaux » : 40 % des mots sont mal lus sur les lèvres et donnent lieu à des contre-sens ».

L’enseignement pratiqué par Hélène Aracil n’est pas seulement destiné aux malentendants mais également aux personnes susceptibles d’être en contact avec eux dans les administrations, les tribunaux, les entreprises, les hôpitaux… Car cet handicap invisible contraint ceux qui en sont atteints à se faire accompagner par une tierce personne pour toute démarche. Hélène organise ainsi des stages intensifs, semi-intensifs et individuels.

A l’heure où un projet de loi constitutionnelle vient d’être présenté le 31 juillet en conseil des ministres pour la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires il serait utile de reconnaître l’utilité de la langue des signes et de la promouvoir.

                                                                                  Danièle MASSE

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