Différence entre trêve hivernale et Plan hiver

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La concomitance des annonces et des calendriers rend parfois compliquée la diffusion de l’information . C’est ainsi qu’entre l’annonce de la trêve des expulsions et le plan hiver des confusions peuvent apparaître, il convient donc d’expliciter

Différence trêve hivernale / Plan hiver du gouvernement
Comme chaque année, le Gouvernement a annoncé, à la veille du 31 octobre, les dispositifs d’hébergement supplémentaires mis en place pour l’hiver, créant ainsi la confusion entre « plan hiver » et « trêve hivernale des expulsions ».
La première différence est le public visé par ces mesures, à savoir les locataires et habitants de tout lieu habité dans le cas de la trêve hivernale, et les personnes sans-abris pour le plan hiver.
Autre grande différence, : la trêve est prévue par la loi, alors que le plan hivernal de l’hébergement vient se poser en opposition à la loi puisqu’il prévoit la mise à la rue à sa fin ;
-d’une part on respecte la protection légale qui permet aux personnes de ne pas être expulsées pendant l’hiver
-d’autre part on apporte un hébergement certes salutaire aux personnes vivant à la rue, mais sur la base d’un principe qui voudrait qu’elles n’ont pas besoin d’un abri toute l’année et au mépris du droit.
-Pour autant, la Fondation Abbé Pierre se positionne chaque année, notamment avec le Collectif des Associations Unies (CAU), sur les dispositifs d’hébergement ponctuel mis en place pendant l’hiver.

Quelques éléments peuvent être rappelés :
Trêve hivernale: droit acquis par l’Abbé Pierre en 1956 dans les suites de son appel de 1954, protégeant les locataires d’une expulsion locative entre le 1er novembre et le 31 mars (actuellement la période a été progressivement étendue).
Plan hiver
Mesure d’urgence d’hébergement à destination des personnes sans-abris, mis en place tous les ans par le Gouvernement à la veille de l’hiver.

Ouverture de places supplémentaires du 31 octobre au 31 mars
Comme l’an dernier, la Fondation Abbé Pierre et les autres acteurs du logement , de l’hébergement et de la veille sociale, ont été consulté en amont (septembre)
14000 places supplémentaires (même nombre que l’an dernier) devraient ouvrir pour l’hiver.

MAIS CE N’EST PAS SUFFISANT !
-L’inconditionnalité de l’accueil ne peut être assuré
-Les acteurs de la veille sociale sont dans des situations d’épuisement.
-Il manque des places de qualité et surtout un accompagnement des personnes sur le terrain.
Il s’agit une nouvelle fois d’une logique de réponse « ponctuelle », de gestion « au thermomètre » qui n’est pas satisfaisante pour les personnes car pas durable .

Surtout cette logique est :
Inhumaine, car elle revient à considérer que les personnes ne peuvent être hébergées qu’une partie de l’année, alors qu’aucune personne ne devrait être contrainte de vivre à la rue toute l’année, et si une protection pendant les mois les plus froids ne peut être contestée, on meurt autant l’été que l’hiver, à la rue.
Illégale, car la loi prévoit un maintien en hébergement lorsqu’une personne y a accédé : elle devrait dès lors être prise en charge de façon pérenne et ne devrait en aucun cas voir mettre fin à son hébergement.

Jean-Paul Jambon
Représentant départemental de la Fondation Abbé Pierre

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