À l’Opéra Ouverture de la saison des Concerts symphoniques

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C’est samedi 14 septembre à 20h que s’ouvre la saison des concerts classiques à l’Opéra de Toulon avec  un choix symphonique excitant Thomas Adés, Claude Debussy, Serguei Rachmaninov et Piotr Illich Tchaïkovski. La partition qui clôturera le concert est l’ouverture fantaisie Roméo et Juliette. Il en fallait pas plus pour intituler la soirée du nom des amants de Vérone.

Une œuvre à découvrir
Thomas Adés né 1971 est un artiste reconnu et un des représentants de l’école musicale  anglaise actuelle. Trois études sur Couperin, Three studies from Couperin  pour orchestre de chambre est une partition  hommage au grand style classique français mais  écrite avec le langage de notre temps. Un « a la manière de »qui porte d’ailleurs des titres très dix-huitième siècle : les Amusements, les Tours de passe-passe, l’âme en peine…L’œuvre est séduisante, teintée de nostalgie, d’une élégance très british. Elle devrait plaire et réconcilier le public avec la musique contemporaine.

Une partition emblématique
Le Prélude à l’après-midi d’un faune  1894 de Claude Debussy est une partition qui ouvre les portes du XX° siècle musical. À l’époque de l’écriture du Prélude à l’après-midi d’un faune, Claude Debussy a trente ans et se montre peu soucieux de sa réussite auprès du public. Il refuse d’écrire pour complaire à ses contemporains, et n’aspire qu’à trouver son langage. Il fréquente les salons et les cafés littéraires où se côtoient musiciens, critiques, peintres, poètes ou grands amateurs d’art. C’est à cette période qu’il travaille sur cette œuvre majeure de son répertoire.

Un concerto d’une grande virtuosité
C’est le jeune pianiste tchèque Lukas Vondracek (vainqueur du redoutable concours Reine Elisabeth) qui aura l’immense responsabilité artistique de défendre le troisième concerto de Rachmaninov. Une œuvre sombre et pessimiste. C’est  l’une des œuvres les plus périlleuses du répertoire. Malgré un thème d’apparence simple, elle exige une grande virtuosité de la part de ses interprètes. En l’exécutant lors de la première en 1909, Rachmaninov aurait renoncé à jouer un bis tant ses doigts étaient meurtris ! Josef Hofmann, brillant pianiste et dédicataire de l’œuvre, ne l’interpretera jamais…

Serguei Rachmaninov

Dès le Premier Mouvement, l’Allegro non tanto, l’exigence technique est très élevée, comme le révèle sa redoutable cadence. Rachmaninov en a proposé deux versions. La première est celle que nous connaissons. Avec des cascades d’arpèges vertigineuses, sa difficulté est considérable. Mais elle n’est rien comparée à l’autre version, dont les accords sont encore plus massifs ! Si l’Intermezzo, lent et mélancolique, offre un moment de répit à l’interprète, l’Alla Breve lui impose un rythme très dense. Le Concerto rencontra un immense succès auprès du public new-yorkais lors de sa création. Esthétiquement c’est une œuvre postromantique qui est tout le contraire de révolutionnaire mais qui est remarquablement efficace techniquement et émotionnellement.

Un Tchaïkovski visionnaire.
Pour terminer la phalange toulonnaise sous la direction de jurjen Hempel interprètera la fantaisie ouverture Roméo et Juliette de Tchaïkovski. Œuvre célèbre et hautement expressive datant de 1876.Roméo et Juliette selon Tchaïkovski, « c’est un “survoldu drame et surtout de son ambiance », explique Michel-R. Hofmann, qui voit dans cette œuvre « un abrégé musical, un sommaire thématique d’un opéra existant à l’état de “possible” : un opéra vu à vol d’oiseau, considéré dans son ensemble par un observateur qui noterait au hasard creux et bosses, en n’obéissant qu’à une logique purement musicale », en l’occurrence une forme-sonate assez libre. Après une sombre introduction qui aboutit à un thème agité (dit « des épées »), vient un chant d’amour généreux qui va se perdre dans le retour du thème précédent, jusqu’à ce qu’une sorte de marche funèbre, à laquelle se superpose un thème consolateur, rappelle l’introduction du morceau. C’est donc en plein romantisme que s’achèvera ce beau concert au riche programme qui doit être porté à l’actif du renouveau de la vie concertiste varoise et au mérite  de la direction de l’Opéra de Toulon  et de son directeur musical Jurjen Hempel.

Jean –François Principiano

 

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