Dans les dernières semaines au niveau national des affaires mettent en cause le fonctionnement de la justice en France. Que ce soit dans l’affaire Bruel ou dans l’affaire Lyhanna, un certain sentiment d’abandon prend place et amène certains à réagir. Des plaintes rapidement classées sans suite quand il s’agit de personnalités, des signalements pour pédocriminalité sans effet on se demande bien pourquoi … autant de motifs pour que la colère monte dans l’opinion et que le discrédit tombe encore une fois sur cette nécessaire institution.
Mais que fait donc la justice ?
Pour illustrer cette interrogation nous allons prendre un exemple varois.
Le 5 décembre 2025, un simple citoyen a porté plainte (Code unité 17760 Nmr 04513 année 2025) pour vol, faux et usage de faux, abus de faiblesse, menaces (articles 311-1, 441-1, 223-15-2 et 222-17 du code pénal) dans le cadre d’une succession d’un membre de sa famille. Le préjudice est estimé à plusieurs centaines de milliers d’€uros.
Le plaignant met en évidence une bande organisée qui capte les héritages des personnes âgées isolées grâce à la complicité de notaires, de banquiers, un syndic de copropriété, en un mot une liste de notables.
Le plaignant donne des preuves des imitations de signatures, des chèques post mortem acceptés par la banque, des locations de voitures de luxe pour 40 000€ alors que la défunte n’avait pas le permis de conduire, une ouverture d’appartement sans la présence d’un huissier et/ou de policiers, des menaces à l’un des héritiers qui ose poser des questions etc, etc …
Le plaignant donne dès sa première audition en décembre 2025 tous les noms, les numéros de téléphone, les adresses de ceux qui trempent dans cette affaire sordide mais visiblement pas isolée.
Six mois après malgré ces précisons, le procureur de la République de Toulon Monsieur Raphaël Balland n’a pas trouvé ni les moyens ni la volonté d’ouvrir un dossier pour mettre hors d’état de nuire cette bande d’aigrefins. Le procureur de la République de Toulon Monsieur Raphaël Balland n’a même pas trouvé le temps de transmettre les informations à Monsieur le Procureur de la République du Tribunal judiciaire où se sont passés les faits.
Ce dysfonctionnement est-il dû au fait que dans cette bande de bandits en col blanc nous trouvons des banquiers, des notaires, un syndic de copropriété ou est-ce simplement dû à de la fainéantise ?
Nous sommes en droit de nous poser la question, même si Jean de La Fontaine dans Les Animaux malades de la Peste nous donne une piste « selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ».
Que se passe-t-il quand les citoyens ont le sentiment que la justice les abandonne ?
Quand des citoyens ont le sentiment que la justice ne les protège plus, plusieurs conséquences peuvent apparaître, avec une intensité variable selon le contexte et la durée de cette perte de confiance.
Sur le plan individuel, cela peut provoquer un sentiment d’injustice, de colère ou d’impuissance mais aussi une baisse de confiance envers les institutions publiques et dans certains cas une réticence à signaler des infractions ou à coopérer avec les autorités.
Sur le plan collectif, on observe souvent une érosion de la légitimité des institutions judiciaires ; une polarisation accrue du débat public ; la montée de discours réclamant des réponses plus radicales ou plus expéditives ; parfois même le développement de formes d’autodéfense ou de justice privée, qui peuvent elles-mêmes engendrer de nouveaux abus.
Que ce soit au niveau individuel ou collectif ces dysfonctionnements avérés nous mettent en danger car ils érodent notre socle républicain et malmène notre lien social.
L’histoire montre que la confiance dans la justice joue un rôle central dans la stabilité des sociétés. Lorsque cette confiance s’affaiblit durablement, les citoyens peuvent chercher d’autres sources d’autorité ou de protection, qu’elles soient politiques, communautaires ou parfois informelles.
Cela ne signifie pas nécessairement que la justice est réellement défaillante : le ressenti peut provenir d’expériences vécues, de certaines affaires très médiatisées, de délais judiciaires importants, de décisions incomprises ou de perceptions alimentées par le débat public.
Les chercheurs en sciences politiques et en sociologie soulignent généralement que la confiance se maintient lorsque les citoyens perçoivent que les règles sont appliquées de manière cohérente, transparente et équitable, même lorsqu’ils ne sont pas d’accord avec chaque décision.
Quand une part importante de la population a l’impression d’être abandonnée par la justice, la question devient alors moins seulement juridique que politique et sociale : comment restaurer la conviction que les institutions traitent chacun de façon juste et efficace ?
Monsieur le procureur de la République de Toulon Monsieur Raphaël Balland n’est-il pas de votre fonction statutaire de tout mettre en œuvre pour mettre fin à des faits délictueux? N’est-il pas de votre fonction statutaire de mettre hors d’état de nuire une bande organisée qui dépouille des personnes âgées isolées ?
Monsieur le procureur de la République de Toulon Monsieur Raphaël Balland puisque la défunte était la secrétaire de Monsieur André Fontaine le grand chef à plumes du journal Le Monde pensez-vous qu’il soit préférable pour les héritiers de médiatiser ce nouveau dysfonctionnement ou peuvent-ils garder l’espoir que vous fassiez simplement votre travail?
Laurent di Gennaro





