Alors que la France traverse un épisode de chaleur exceptionnellement précoce et intense, la LPO appelle chacun à venir en aide à la faune sauvage pour faire face à ces températures éprouvantes en pleine période de reproduction.
Une véritable menace
Le manque d’eau constitue une menace immédiate. L’assèchement rapide des flaques, fossés et petits points d’eau prive de nombreuses espèces (oiseaux, hérissons, insectes, amphibiens, etc.) de ressources essentielles pour s’hydrater, se rafraîchir ou abreuver leurs petits.
La LPO invite les particuliers, collectivités et gestionnaires d’espaces verts publics ou privés à agir dès maintenant en disposant de l’eau fraîche dans des récipients peu profonds, idéalement situés dans des zones ombragées, et de la renouveler régulièrement (notamment pour ne pas favoriser des sites à moustiques).
Les jeunes oiseaux nichant sous les toitures, notamment les martinets et hirondelles, sont aussi exposés à des températures extrêmes pouvant provoquer une sortie prématurée hors du nid. Si vous trouvez un oisillon ou tout autre animal souffrant de la chaleur, observez-le avant d’intervenir. Disposez près de lui de l’eau à température ambiante et placez-le si possible dans un endroit calme et ombragé. Contactez un centre de soins pour la faune sauvage ou la LPO pour obtenir des conseils. N’agissez pas sans accompagnement, car une mauvaise manipulation pourrait aggraver la situation.
Source LPO
Quelques conseils de la LPO PACA
Les fortes chaleurs, particulièrement inhabituelles, font partie des signaux témoignant de l’intensification du réchauffement climatique. Pour en savoir plus
Pour que les animaux et les insectes puissent se rafraîchir et s’hydrater, la solution la plus simple et la plus efficace est de leur offrir un point d’eau fraîche sur votre balcon, rebord de fenêtre ou dans votre jardin. Pour cela, préparer une gamelle ou une coupelle d’eau, le récipient doit être peu profond, de préférence entre 5 ou 7 cm. Prévoyez une pierre (ou à défaut un objet rugueux) pour que les insectes et les oiseaux puissent se poser pour boire, et pour éviter les noyades des plus petites bêtes.
Changez l’eau régulièrement : au moins une fois par jour, voire plus si nécessaire (saleté, évaporation, fréquentation…), pour éviter la prolifération de maladie, de moustique, et offrir une eau claire aux espèces. Si possible, disposez votre point d’eau à l’abris des potentiels prédateurs : en hauteur, dans un endroit dégagé (ne le mettez pas vers des haies), et de préférence, à l’ombre. Vous pouvez justement, créer un point d’ombre artificiel (avec un parasol par exemple) ou choisir de disposer le point d’eau à l’ombre d’un arbre.
Ce point d’eau temporaire pourra servir à la faune pour boire, mais aussi se baigner pour se rafraîchir ou se laver. Si avez un terrain et que vous en avez les moyens, créer une mare peut aussi être une solution pérenne pour offrir un point d’eau aux espèces. Les martinets et les hirondelles par exemple, ne boivent qu’en volant, et utilisent donc les mares ou encore les rivières.
Attention aux noyades : si vous avez déjà une mare, un bassin, ou une piscine, veillez à bien les sécuriser pour que les petits animaux ne s’y noient pas. Prévoyez pour cela une planche rugueuse, un système anti-noyade, une pierre, un fagot de bois… Bref, un système permettant aux animaux de s’agriper pour remonter. Même si la noyade ne vous semble pas possible, gardez en tête que même s’ils savent nager, les animaux ne sont pas toujours capables de remonter à cause des bords lisses de nos constructions !
Toujours si vous avez un terrain, une solution pérenne pour aider la faune sauvage en cas de chaleur, mais aussi, sur le long terme à trouver des abris et de la nourriture, est de végétaliser votre espace : planter un arbre, une haie, ne pas tailler lors de la belle saison, pratiquez la tonte différenciée (laisser des espaces non tondus), autant de bonnes pratiques qui aident les animaux et les insectes autant en été qu’en hiver, et qui encourage la faune et la flore à prospérer.
Que faire si je trouve un animal en détresse ?
Pour toute découverte d’un animal potentiellement en détresse, la première chose à faire avant d’agir est toujours d’observer !
En période de canicule, et en l’absence de blessure apparente (sang, aile tordue, etc.), la chaleur est évidement le premier indicateur d’une potentielle détresse. Placez une coupelle d’eau à proximité de l’animal afin de jauger sa réaction et son comportement : observez si son état s’améliore.
Contactez ensuite un centre de soin ou une ligne dédiée à la faune sauvage en détresse. En période estivale, les lignes téléphoniques des centres sont souvent saturées. Les bénévoles et les salariés font au mieux malgré tout pour tenter de répondre à tout le monde. Les fiches conseils peuvent vous permettre d’évaluer l’état de l’animal avant ou dans l’attente d’une réponse professionnelle.







