Pour tous ceux qui n’ont pas pu participer au Salon des Maires du Var à Draguignan hier, nous vous proposons le discours prononcé par Simon Babre, préfet du Var.
Vous y retrouverez notamment les chiffres du retour d’expérience du feu du Gros Bessillon, le soutien de l’État aux projets des communes, les enjeux de la sécurité, de la santé et les chantiers à poursuivre : l’adaptation au changement climatique, la mobilisation en faveurs des agriculteurs et de l’alimentation locale, une meilleure gestion de nos déchets et la feuille de route André Jubelin pour accompagner le développement des industries de défense.
Seul le prononcé fait foi
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Monsieur le Président du conseil départemental, Monsieur le Président du Conseil régional,
Messieurs les Présidents des communautés de communes et d’agglomérations,
Monsieur le Président de l’association des maires du Var,
Monsieur le Président de l’association des maires de France,
Madame la Présidente de l’association des maires ruraux du Var,
Madame la Présidente du conseil d’administration du SDIS,
Monsieur le Maire de Draguignan,
Mesdames et Messieurs les Maires,
Mesdames et Messieurs les Élus,
Mesdames les sous-préfètes,
Mesdames et Messieurs les directeurs et les chefs des services de l’État,
Mon général, mon colonel,
Monsieur le contrôleur général, directeur du SDIS, Mesdames, Messieurs,
Je suis à mon tour très heureux de m’exprimer devant les maires du Var, et je tiens à vous remercier, Monsieur le Président de l’association des maires du Var, pour l’organisation de ce rendez-vous, qui est toujours très apprécié de ceux qui y participent.
Les services de l’État dans le département tiennent beaucoup à ces temps d’échanges et à la qualité de la relation avec les maires du département.
Être maire, c’est bien plus qu’exercer un mandat. C’est incarner la République au quotidien, être à l’écoute de ses concitoyens, partager leurs préoccupations, répondre à leurs attentes et parfois à leurs impatiences.
Être maire, c’est devoir décider, arbitrer, expliquer, convaincre. C’est être présent dans les moments heureux comme dans les moments difficiles. C’est porter des responsabilités considérables, souvent avec des moyens limités. C’est aussi être à portée d’engueulades et vous savez que nous sommes attentifs à ce que tout dérapage soit sanctionné.
Être maire, c’est aussi une formidable aventure humaine. C’est avoir la satisfaction de voir des projets se concrétiser, de transformer le quotidien des habitants, de faire vivre sa commune et de préparer son avenir.
C’est un engagement exigeant, parfois ingrat, mais profondément utile et porteur de sens. Félicitations aux nouveaux maires, comme aux maires réélus, qui vont vivre ce mandat avec passion.
Et notre devoir, en tant qu’État, est de vous aider à exercer pleinement cette belle responsabilité.
Je veux profiter de ce moment pour présenter les nouveaux venus parmi les services de l’État :
– Ambre EYOUM, qui a pris lundi les fonctions de secrétaire générale adjointe de la préfecture. Sous- préfète, elle est plus particulièrement chargée des politiques économiques et sociales, dont la politique de la ville ;
– Guillaume AFONSO, le nouveau directeur de mon cabinet, arrivé le 1er août ;
– Nicolas MORBE, notre nouveau DDTM, qui a pris ses fonctions le 1er septembre ;
– Vincent Marescaux, commandant en second du groupement de gendarmerie du Var.
Je salue les sous-préfètes et les directeurs présents dans la salle et les remercie pour leur engagement de tous les jours.
Après deux étés passés dans le Var (oui, je pense que pour les préfets du Var, il faut compter en étés et non
en années!), je voudrais développer devant vous deux idées principales :
I– Tout d’abord, vous conforter dans l’idée que nous formons une belle équipe. L’État s’est en effet déployé en proximité pour vous accompagner au quotidien dans vos projets et vous aider à régler les difficultés auxquelles vous êtes confrontés.
1/ Cet accompagnement se traduit d’abord par la mise à disposition de nouveaux outils pour les élus de la part des services de l’Etat.
– Depuis un an, un nouveau canal de communication existe entre la Préfecture et vous, je veux parler de la lettre d’information bimensuelle que nous éditons en ligne, Plein Var. Déjà 31 numéros ont été publiés, et cette revue de quelques pages contient toutes les informations qui vous sont nécessaires, à vous qui en êtes les destinataires. Je vous invite tous et toutes à lire Plein Var, et en particulier le dernier numéro dans lequel nous avons présenté un deuxième outil de facilitation de votre travail :
– le guide de l’ingénierie territoriale. C’est un fascicule d’une centaine de pages qui s’adresse à tous les porteurs de projet, élus ou fonctionnaires territoriaux, et recense de quelles façons l’État peut vous aider, quel que soit votre projet. Je remercie la préfecture pour la conception de cet ouvrage, organisé par type de projet et non par service instructeur, et qui, je l’espère, répondra à vos fortes attentes.
– Dans la réalisation de vos projets, l’État peut vous fournir un appui réglementaire, technique, mais aussi financier, et l’enjeu du financement des projets est, je le sais bien, sensible. Ainsi, afin de démystifier les modalités du financement de projets, nous avons conçu une plateforme accessible en ligne, qui permet de consulter l’intégralité des projets financés par les différents fonds d’aide à l’investissement de l’Etat depuis 2018. Je vous invite donc à vous rendre sur le site suivi-subventions.fr et à en faire le plus large usage, pour :
– comprendre comment et pourquoi les financements sont alloués,
– permettre aux uns de s’inspirer des projets des autres, dans un esprit d’émulation entre les territoires,
– cette première en France, je l’ai voulue par souci de transparence, mais aussi pour aider chacun à s’enhardir en matière de projets, à prendre conseil auprès de ses voisins, alors, vous le savez, que nous avons des demandes en baisse et des durées de mise en œuvre des projets qui s’allongent dangereusement.
2/ Cette plateforme révèle également le rôle de levier déterminant joué par les financements publics dans la dynamique territoriale.
2 371 projets ont été financés par l’État dans le Var de 2018 à 2026, pour un montant d’aides de 417,8 millions d’euros et un volume de chantiers de 1,83 milliard d’euros.
L’État confirme avec ces chiffres l’importance de ses financements et leur effet levier majeur: 1€ de subvention accordée contribue au financement de 4,38€ de travaux éligibles.
Autre enseignement utile : sur les 9 années concernées, c’est en 2025 que les aides accordées par l’État pour soutenir vos projets ont été les plus importantes, atteignant 116 millions d’euros. Ceci, vous l’admettrez, va à rebours de quelques idées reçues.
L’accompagnement de vos communes par l’État est parfois renforcé, à l’instar des Villages d’avenir. Notre département en comptait 16 depuis 2023. En juillet dernier, le Gouvernement en a ajouté 8 à cette première liste. Je tiens à féliciter devant vous les maires de Bargemon, Bauduen, Belgentier, Montfort-sur- Argens, Montmeyan, Plan d’Aups-Sainte-Baume, Saint- Julien-le-Montagnier, et Le Thoronet.
Pour vous tous, Maires du Var, j’ai un message spécial : sollicitez-nous ! N’ayez pas de scrupule à requérir l’aide de nos services pour constituer des dossiers, pour demander des financements. Plein Var et le guide de l’ingénierie territoriale ont justement été conçus pour vous aider, notamment à identifier les bons interlocuteurs.
3/ Dans un registre beaucoup plus saillant dans nos mémoires, je veux également souligner la gestion, les leçons et les suites des terribles incendies qui ont si profondément meurtri notre beau département au cours de l’été.
L’incendie du Gros Bessillon a été inédit par sa durée et son ampleur. Déclenché le 21 juillet, il n’a été éteint que le 18 août. 28 jours qui ont mobilisé des moyens humains et matériels exceptionnels : 11 000 sapeurs- pompiers, issus de 55 SDIS y compris d’outre-mer, 210 militaires auxquels se sont ajoutés 100 gendarmes, dans une crise qui a été à la fois une crise de sécurité civile et une crise de sécurité publique.
Malgré le très lourd bilan matériel de ce drame, 5 576 hectares brûlés, 41 habitations détruites et un « coût du brûlé» évalué à 141 M€, la coordination opérationnelle de la lutte nous a permis d’éviter des pertes bien plus importantes, et nous estimons la « valeur du sauvé » à 825 M€.
La reconnaissance que nous avons à l’égard de nos pompiers est infinie. [Je vous propose de les applaudir, ainsi que le contrôleur général Eric Grohin et son équipe de direction.]
Je salue les efforts de toute la chaîne de secours qui s’est mise en mouvement, aux premiers rangs desquels vous étiez, Mesdames et Messieurs les Maires, avec vos équipes. Pendant ces longues journées et ces longues nuits, vous avez été en première ligne. Vous avez accueilli les populations, organisé leur mise à l’abri, rassuré vos habitants, accompagné les secours et parfois pris des décisions difficiles. Vous avez pleinement assumé votre rôle. Et je veux vous dire que l’État a mesuré la force de votre engagement. Le Président de la République vous a personnellement remercié pour cela, à Brégançon, le 17/08. Je veux associer les agents de la préfecture, pour la plus longue activation de la salle de crise de la préfecture de l’histoire du département, ceux de la sous-préfecture avec à leur tête la courageuse et opiniâtre Sous-Préfète de Brignoles. Je pense également aux agriculteurs, aux chasseurs et aux nombreux bénévoles qui ont apporté une aide si précieuse.
L’État a été au rendez-vous, sa flotte aérienne ayant assuré 450 heures de vol, pour un total de 4 350 largages d’eau effectués.
Au total, le coût du dispositif opérationnel pour l’État s’élève à 12,2 millions d’euros, dont 4,3 millions pour le remboursement des colonnes de renfort aux SDIS contributeurs et 7,8 millions pour les moyens aériens. Le SDIS du Var a également été lourdement exposé : 4,7 millions de dépenses supplémentaires, notamment pour la location des 4 hélicoptères bombardiers d’eau qui ont été d’une grande utilité.
L’État est fortement présent pour aider les habitants et le territoire à panser leurs plaies, à vos côtés. Des travaux de sécurisation ont été déjà largement engagés, et des moyens exceptionnels ont été déployés :
– 9 entreprises ont bénéficié d’une prise en charge totale de leurs salariés au titre de l’activité partielle ;
– sur l’enveloppe CASI mise en place par le ministère de l’Agriculture, la somme de 1,6M€ a été réservée par le préfet de région pour les agriculteurs du Bessillon. 6 dossiers d’aide, pour des apiculteurs et des éleveurs en situation de détresse, ont déjà été mis en paiement. – le Gouvernement a également pris la décision de rendre les communes sinistrées éligibles à la Dotation de solidarité au titre des événements climatiques (DSEC), de manière dérogatoire puisque la DSEC est normalement réservée aux événements météorologiques. Cela va permettre de vous apporter une aide sur les dommages aux biens non assurables.
– le Premier ministre a également validé un dégel de 300k€ au titre de la DSIL/DSID, qui a permis de financer des dossiers pour les communes sinistrées, qu’il s’agisse de production d’électricité à Correns ou de vidéoprotection à Pontevès ;
– De plus, à l’occasion des travaux post-incendies pour sécuriser le massif brûlé, des chantiers d’insertion par l’activité économique sont financés par l’État, pour un montant de 30 000€. 4 emplois aidés ont également été créés dans deux communes, pour soulager les équipes municipales. Le Secrétaire général de la sous- préfecture de Brignoles a été mis à disposition de la mairie de Correns pour un soutien administratif et en ingénierie temporaire
– je salue également le mouvement de solidarité créé autour des communes sinistrées et qui, piloté par les Maires du Var et les Maires ruraux du Var, a récolté plus de 67k€ de dons.
4/ La vigilance des services de l’État est aussi extrêmement vive en matière de sécurité.
Depuis la tragédie de Crans-Montana, nous suivons individuellement tous les établissements recevant du public sous avis défavorable d’exploitation. Il y en a 187 sur les 3500 établissements soumis à visite de commission sécurité incendie que compte le Var. Depuis le début de l’année, 118 avis défavorables ont été levés, montrant une réelle prise en compte des situations critiques, en particulier dans les ERP avec locaux à sommeil. Le guide ERP à l’attention des maires, élaboré par la DDPP et par le SDIS, a également été diffusé à la suite des dernières élections municipales, à jour des nouveaux enjeux. Cependant, ce chantier n’est pas encore abouti et je vous remercie par avance de votre vigilance de chaque instant.
La police et la gendarmerie nationales, tout comme les Douanes, en liaison avec vos polices municipales, se démènent pour lutter contre toutes les formes de délinquance. Nous sommes particulièrement attentifs aux cambriolages, qui ont eu tendance à croître, mais la tendance s’inverse grâce au démantèlement de bandes. Les forces sont très impliquées dans la détection et les poursuites en matière de violences intra-familiales, qui représentent désormais plus de la moitié des atteintes aux personnes dans le département. Et nous sommes collectivement puissamment mobilisés contre le narcotrafic. Grâce au Gouvernement et au législateur, nous disposons de nouveaux outils particulièrement efficaces, que nous utilisons pleinement :
– depuis la loi contre le narcotrafic de juin 2025, j’ai pu prononcer 144 interdictions de paraître contre des trafiquants, y compris dans des villages. Barjols, Cogolin, Cotignac, ou encore Cuers le savent bien ;
– j’ai sollicité 28 expulsions locatives contre des familles de trafiquants. Dans les 3 situations que le juge judiciaire a déjà examinées, l’expulsion a été prononcée ;
– enfin la loi RIPOST du 18 août 2026, voulue par le ministre de l’Intérieur, nous offre toute une panoplie de nouveaux outils, permet notamment de suspendre le permis de conduire pour 6 mois contre des personnes en réitération de consommation ou de trafic de stupéfiants. J’ai déjà prononcé 33 fois cette mesure. Dans ce combat contre la délinquance et le narcotrafic, les maires sont des partenaires essentiels. Vous connaissez vos territoires, vous identifiez les difficultés, vous êtes souvent les premiers alertés par vos habitants. La complémentarité entre l’État, les forces de sécurité intérieure et les polices municipales est une condition de notre efficacité collective.
5/ Permettez-moi de vous donner d’autres informations intéressantes en matière de santé :
– le Var compte désormais 28 structures labellisées France Santé, ce qui fait que nous sommes en avance sur le plan de déploiement voulu par le Premier ministre. 100 % du département est désormais couvert par une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS), pour faciliter la complémentarité entre professionnels et donc le parcours des patients. Nous allons avoir 39 docteurs juniors, en stage auprès de médecins généralistes, dès le mois prochain, déployés plus particulièrement dans les zones où la densité médicale est la plus faible. A nous maintenant de fidéliser ces médecins pour qu’ils décident de s’installer durablement dans nos villages, par exemple dans les structures France Santé, qu’en tant que maires vous avez permis d’édifier.
Mesdames et Messieurs les Maires, je sais que vous êtes parfaitement conscients de cet engagement à vos côtés de l’État dans le Var. Vos témoignages, lorsque je me déplace, me confortent dans cette conviction. Je remercie encore les sous-préfètes et les sous-préfets, particulièrement engagés.
Je sais aussi que tout n’est pas parfait. Que certaines procédures demeurent trop complexes, que nos délais ne répondent pas toujours à vos attentes, que nous devons encore progresser. Je veux vous dire que j’entends ces difficultés et que les services de l’État continuerons à travailler pour y apporter des réponses concrètes. Car la confiance entre l’État et les élus locaux ne se décrète pas : elle se construit, chaque jour, par les actes.
Si nous pouvons nous satisfaire de notre coopération et des projets menés en commun, pour l’intérêt général, l’heure est néanmoins à la gravité et à la responsabilité. Car notre pays comme notre territoire sont confrontés à d’immenses défis. Alors, je voudrais terminer ce propos en développant une seconde idée- force : la nécessité de nous retrousser les manches pour travailler ensemble à de nouveaux chantiers majeurs.
II – L’enjeu, pour les décideurs publics que nous sommes, c’est de prendre les décisions les plus adaptées au territoire et à ceux qui y vivent, dans un monde qui change à vitesse accélérée.
1/ L’été que nous venons de vivre doit achever de convaincre les sceptiques : le changement climatique s’accélère et le Var est l’un des territoires qui y est et y sera le plus exposé.
Je veux être extrêmement clair à ce sujet : si tout événement climatique est aléatoire, la probabilité de connaître des vagues de chaleur plus intenses, plus longues ou encore plus précoces est aujourd’hui bien plus élevée que dans les décennies précédentes, et cette probabilité continuera d’augmenter. L’été que nous venons de subir correspond à une Terre à +1,6°C. Les modèles de prévision, qui sont publics et consensuels, prévoient une augmentation de +3°C en moyenne sur Terre d’ici 2100, mais cette augmentation diffère en fonction de la géographie : ainsi le réchauffement prévu est de +4°C en France, et de +4,5°C dans le Var. Cet été, nous avons connu 57 jours à + de 35°C.
Il est vital que les communes s’adaptent aux conséquences du réchauffement climatique.
Pour mieux prévenir les incendies de forêt ; il nous faut repenser l’aménagement du territoire, en particulier sécuriser l’interface entre la forêt et le bâti, tracer des coupures de combustible, ouvrir des pistes dans les massifs forestiers. Nous sommes vous le savez engagés ensemble dans une démarche copilotée avec le conseil régional et le conseil départemental pour nous donner de nouveaux objectifs et acter de nouvelles actions. Le territoire du Bessillon sera à ce titre un territoire test. Je remercie François DE CANSON et Jean-Louis MASSON pour leur engagement sur ce sujet, et le Président BREMOND d’avoir mis ce thème à l’ordre du jours des travaux de cet après-midi…
Il s’agit également de mieux protéger les populations contre les vagues caniculaires et contre les inondations. Continuez de rénover énergétiquement les bâtiments publics en sollicitant du fonds vert ! Poursuivons avec régularité la mise en œuvre des PAPI : leur taux de réalisation est de 22 %, il devra être de 100 % en 2032.
Cette ambition ne doit pas se limiter à la conduite des chantiers déjà actés. L’aggravation du risque climatique nous amène déjà à réfléchir différemment pour l’avenir. En ce sens, je salue l’élaboration, par le syndicat mixte de l’Argens, du programme d’études préalables de l’Argens et des côtiers de l’Estérel, qui permettra de définir de nouveaux objectifs. Je tiens à souligner également l’engagement de la communauté de communes Méditerranée Porte des Maures, avec laquelle nous recherchons actuellement les meilleures solutions pour renforcer la prévention des inondations au Lavandou. C’est ce même effort qui se poursuit aussi avec la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez, la métropole Toulon Provence Méditerranée et le syndicat mixte du bassin versant du Gapeau, pour rendre notre territoire plus résilient.
2/ La mobilisation doit se poursuivre en faveur de nos agriculteurs
Pour soutenir nos agriculteurs et garantir notre souveraineté alimentaire, nous avons lancé, il y a tout juste un an, un projet collectif départemental visant à accroître la part des produits locaux dans l’approvisionnement de toute la restauration collective. Le 4 novembre, une restitution du travail départemental sera organisée, et notamment des études financées par l’État. Vous le verrez, nous allons pouvoir faire ensemble des choix ambitieux, pour organiser les circuits courts et le lien entre producteurs et gestionnaires de cantines. La révision des modalités de la commande publique dans les collèges a déjà permis d’enregistrer des résultats très satisfaisants. Au niveau des cantines, vous avez un rôle éminent possible et vous pourriez prendre un engagement politique dans les chartes d’approvisionnement local, 10, 15, 20, 25 % de produits locaux afin d’amorcer la pompe de la production locale à destination de la restauration collective, dans le cadre des projets alimentaires territoriaux.
3/ Il nous faut également porter une autre ambition en matière de déchets.
Encore aujourd’hui, la production de déchets ménagers est bien trop élevée dans toutes les intercommunalités à l’exception de la métropole toulonnaise. Il nous faut trier plus ! Cela commence à domicile, par le recours à la poubelle jaune et au compostage. Cela doit se poursuivre par la mise en place de centres de tri. Nos concitoyens seront exposés à une augmentation continue de la TEOM, du fait d’une augmentation imposée de la TGAP, si les élus ne parviennent pas à identifier des sites pour améliorer le tri, traiter les déchets et éviter ainsi leur enfouissement (nous avons dans le Var un taux encore 40% supérieur à la moyenne nationale!). Nous sommes en retard en matière de recyclage et de valorisation matière. Il est nécessaire de nous mettre en conformité avec la loi et de faire un effort substantiel pour porter à 100% le taux de couverture de la population en matière de tri à la source des biodéchets, taux que nous aurions déjà dû atteindre depuis le 1er janvier… 2024. Nous ne pouvons plus nous satisfaire de cette situation. Les retards accumulés auront des conséquences environnementales, mais aussi financières pour nos concitoyens. Il nous appartient donc, collectivement, de prendre les décisions nécessaires, y compris lorsqu’elles sont difficiles. L’État sera aux côtés des collectivités qui s’engagent pour faire aboutir ces projets.
4/ Nous devons poursuivre un cap clair en matière économique.
Le Var a un rôle essentiel à jouer pour la bonne mise en oeuvre de la Loi de Programmation Militaire, pour l’arrivée du France Libre, pour l’accompagnement des entreprises de Défense et tout simplement pour conforter notre souveraineté nationale. Je vous incite à prendre connaissance du projet André Jubelin, une feuille de route territoriale déclinée en 35 actions, en faveur du développement de la filière défense dans le Var. Elle a été bâtie par l’État, en liaison avec le conseil régional et les collectivités du territoire. Je vous invite à vous interroger chacun, au niveau de votre commune, sur ce que vous pourriez faire pour vous inscrire dans cette ambition, qu’il s’agisse de la constitution de classes de défense, de la désignation de correspondants Défense, de l’identification de foncier industriel.
Jubelin, c’est aussi la nécessité de construire des logements, pour retenir ici dans le Var notre jeunesse qui part trop souvent poursuivre ses études ailleurs et pour loger ici les talents dont nous allons avoir besoin. Des logements pour les militaires, des logements pour les salariés des entreprises. Les maires sont aux avant- postes, pour poursuivre une politique équilibrée entre résidences principales et résidences secondaires, entre logements de villégiature et logements pour actifs, dont des logements sociaux.
La mise en œuvre de la feuille de route Jubelin est une grande chance et une opportunité unique de renforcer les capacités de notre département, de dynamiser nos territoires au service d’un même noble projet : la défense de notre souveraineté par la montée en gamme industrielle et l’accélération de l’innovation dans le Var.
Mesdames et Messieurs les Maires, notre département et vos communes ont de formidables atouts.
Face aux défis énormes qui sont devant nous, nous devons en tirer parti pour avancer, dans l’intérêt général, qui est celui de nos communes, celui du département, mais aussi celui de notre Nation.
Le Var a besoin de la France et la France a besoin du Var !








