Un hommage officiel aux victimes de l’esclavage colonial dans un lieu non dédié

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Depuis 2017, le 23 mai est désormais une « Journée Nationale en hommage aux victimes de l’esclavage ». Une nouvelle date historique, qui rappelle le 23 mai 1848, où le décret Schoelcher abolissant l’esclavage, entrait en application, sur le premier territoire d’Outre-mer concerné, la Martinique.

Samedi matin, les piétons qui passaient devant le monument aux Morts de Toulon, s’interrogeaient devant la présence de portes drapeaux, de gerbes, d’anciens combattants médaillés et d’un détachement de la Marine… Si la date du 23 mai n’est pas encore dans les mémoires, de nombreuses manifestations ont lieu, partout en France, et elle est désormais enseignée dans les établissements scolaires.
Un hommage républicain, certes, mais depuis quelques années plusieurs institutions, dont la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage, demandent aux services de la Mairie un lieu dédié à cette histoire. Cette demande se fait dans le respect des deux parties, les Anciens Combattants, comme les représentants de la mémoire de l’esclavage colonial, dont l’histoire et la portée symbolique sont différentes.
À ce jour, la Mairie n’a pas officialisé l’inauguration d’un tel lieu pour 2027. Il s’agit de l’Histoire de France, mais aussi de l’histoire de Toulon, comme l’attestent de nombreux ouvrages scientifiques.

Regarder la Vérité en face
Dans son allocution, M. Simon Babre, Préfet du Var, a rappelé que « pendant deux siècles, des êtres humains ont été considérés comme des marchandises ». Aujourd’hui, regarder la vérité en face, est un devoir.
Ces manifestations ne sont pas nouvelles : le 23 mai 1998 une marche silencieuse regroupant plus de 40 000 personnes s’était déroulée à Paris pour marquer le cent-cinquantenaire de l’abolition de l’esclavage. Le cortège était composé, majoritairement de Martiniquais, de Guadeloupéens, de Guyanais, de Réunionnais…

Le 21 mai 2001, la France adoptait la loi – dite « loi Taubira »- qui reconnaît la traite et l’esclavage transatlantique, ainsi que dans l’océan indien, comme crimes contre l’humanité. Une reconnaissance tardive mais essentielle, un héritage à assumer en 2026, dans une société violente et fracturée. Regarder la vérité en face, c’est aussi lutter contre le racisme toujours présent…Connaître les faits, plutôt que les éluder : 12 millions d’Africains ont été capturés pendant 4 siècles, dont 1,6 millions furent déportés dans les Antilles.

Et pour la première fois, cette année, Emmanuel Macron, président de la République, a évoqué une possible « réparation » de l’esclavage….

@préfecture du var

Hommage officiel
Point de polémique, samedi dernier à Toulon, mais un hommage officiel selon la tradition, avec Marseillaise et dépôts de gerbes, en présence de M. Simon Babre, Préfet du Var, Mme Massi, Maire de Toulon, M. Yannick Chenevard, député, et de nombreuses personnalités associées à cette démarche officielle, parmi lesquelles
M. Nicolas Sadoul, directeur du Camp des Milles, sinistre lieu de déportation.

N.F

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