
Conférence maritime régionale de la Méditerranée : le préfet maritime précise la feuille de route de l’action de l’État en mer en 2026
Ce mercredi 27 mai s’est tenue à Toulon la conférence maritime régionale (CMR) de la zone maritime Méditerranée. Cette conférence annuelle, présidée par le préfet maritime, réunit les représentants des administrations de l’État concourant à l’action de l’État en mer (AEM) pour en améliorer la coordination, discuter et arrêter les grandes orientations dans le domaine maritime pour l’année à venir.

Le mercredi 27 mai 2026, le vice-amiral descadre (VAE) Christophe Lucas, préfet maritime, commandant l’arrondissement et la zone maritime Méditerranée et Mer Noire (CECMED), préside la conférence maritime régionale (CMR) de la Méditerranée au titre de la coordination de laction de lÉtat en mer (AEM). Cette instance administrative a pour vocation darrêter les grandes orientations relatives à la zone maritime Méditerranée et de partager, avec les principaux responsables des différentes politiques publiques, les sujets dactualité. Le général darmée Xavier Ducept, secrétaire général de la mer, le commissaire général de 2e classe (CRG2) Jean-Emmanuel Perrin, adjoint à CECMED et M. Jacques Witkowski, préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et des Bouches-du-Rhône sont également présents.
Après avoir été introduite par le préfet maritime, la CMR a permis à différents intervenants d’évoquer les sujets d’actualité portés par la préfecture maritime et par certaines administrations représentées.
En premier lieu, ont été évoqués les sujets régaliens :
Le Service garde-côte des douanes (SGCD) de Méditerranée a ensuite présenté la stratégie méditerranéenne de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants par voie maritime. Le narcotrafic en mer se caractérise en effet par une diversification et une sophistication croissante des modes opératoires qui justifient un ajustement des réponses apportées par l’État en mer.
La division AEM de la préfecture maritime a ensuite fait un point d’actualité sur la sécurité et la sûreté des usages en mer en relation avec la mise en service récente de parcs pilotes d’éoliennes flottantes en Méditerranée et la perspective de l’implantation de parcs commerciaux plus vastes dans les années à venir. Les travaux réglementaires portant sur la participation des dispositifs de police municipale en soutien de l’action menée par les services de l’État dans le cadre de l’ordre public en mer ont également été évoqués.
Dans un second temps, les échanges ont porté sur la gestion des risques en mer et l’aménagement et le développement de l’espace maritime :
En matière d’organisation de la réponse de sécurité civile (ORSEC), trois axes de travail majeurs ont été évoqués pour cette année : l’évolution quinquennale du dispositif, avec l’objectif d’intégrer les nouveaux dangers en Méditerranée, les procédures d’identification essentielle de ports refuges en cas de crise, et la clarification des doctrines d’intervention lors de la journée d’aide médicale en mer, visant à renforcer la coordination entre les acteurs.
L’action de l’État en mer implique une continuité entre les administrations mais également, à de nombreux égards, entre les États, s’inscrivant ainsi dans une dynamique européenne. Dans ce contexte, l’intervention de José C. Maraver Romero, chef du centre de coordination de sauvetage maritime de Tarifa (Espagne), pour présenter le projet « SmarAI », illustre cette volonté de renforcer la collaboration internationale et d’approfondir les synergies opérationnelles entre nos pays.
Enfin, le vice-procureur de la République près le tribunal judiciaire de Marseille en charge de la juridiction du littoral spécialisée (JULIS) a fait un point sur les actualités du tribunal maritime de Marseille. Ce dernier a vu son activité judiciaire s’intensifier, passant de 4 audiences mensuelles en 2020 à 12 aujourd’hui, avec déjà 100 affaires jugées en 2025. Parallèlement, d’autres défis environnementaux et économiques se dessinent. La protection des herbiers de posidonie reste une priorité, tandis que le secteur de la croisière durable en Méditerranée connaît un essor continu.
La conférence s’est conclue par une allocution du préfet maritime, qui a insisté sur la nécessité d’une approche pluridisciplinaire face à la complexité des enjeux maritimes. Son intervention a mis en lumière l’impératif d’une coopération fluide entre administrations, en faisant de l’interface terre/mer un pilier essentiel de la gouvernance maritime. Le préfet maritime a souligné le fait que la qualité de cette interface constitue le socle d’une gestion maritime intégrée et performante, nécessitant une coordination étroite entre tous les acteurs concernés.
* (Marine nationale dont Gendarmerie maritime, Gendarmerie nationale, Affaires maritimes, Douane, Sécurité civile, Police aux frontières, Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines, SNSM)







