Au moment où Léon XIV arrive en France

0

Très Saint-Père, Léon XIV, soyez le bienvenu en France à l’occasion de votre premier voyage apostolique. Puisse votre présence parmi nous être un temps de paix, d’espérance et de fraternité.
Nous sommes heureux et honorés de vous accueillir sur notre terre de France.

En ce 25 septembre 2026, la France accueille le pape Léon XIV. Son arrivée ouvre un voyage apostolique de quatre jours qui le conduira à Paris, à Lourdes et à Metz, à la rencontre des fidèles, mais aussi de la société française, du monde de l’éducation, de la culture et des responsables publics.

Ce moment est particulièrement propice pour revenir sur sa première encyclique, Magnifica humanitas, publiée quelques mois seulement après son élection. Consacrée à la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle, elle pose une question qui dépasse largement le seul domaine de la technologie : qu’allons-nous faire de notre humanité dans un monde que nous transformons à une vitesse inédite ?
Léon XIV y reprend, à sa manière, la grande intuition de la doctrine sociale de l’Église inaugurée par Rerum novarum. Comme Léon XIII avait cherché à discerner les bouleversements provoqués par la révolution industrielle, son successeur entend regarder en face les « choses nouvelles » de notre époque : l’intelligence artificielle, la transformation du travail, les nouvelles formes de pouvoir, les risques de dépendance et de déshumanisation, mais aussi les possibilités immenses offertes par ces technologies.
L’encyclique ne propose donc ni un rejet de la technique ni un enthousiasme naïf à son égard. Elle invite plutôt à placer la personne humaine au centre du discernement : sa dignité, sa liberté, son travail, ses relations, sa capacité à aimer et à construire le bien commun.
Son appel pourrait se résumer en quelques mots : progresser sans cesser d’être humains.
C’est dans cet esprit que nous vous proposons aujourd’hui ce résumé (imparfait) de Magnifica humanitas. Alors que Léon XIV foule pour la première fois le sol de France, il est intéressant d’écouter cette parole qui nous rejoint au cœur de l’un des grands débats de notre temps : comment faire en sorte que le progrès technique demeure au service de l’homme, de la justice, de la paix et de la fraternité ?

Une question qui n’est pas seulement celle de l’Église. Elle concerne chacun de nous.

L’encyclique Magnifica Humanitas, a été publiée le 15 mai 2026 et sous-titrée « Sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle ».

-L’IA n’est pas l’intelligence humaine
Léon XIV insiste sur une distinction fondamentale : une IA peut être extrêmement performante pour calculer, traiter des données, produire du langage ou reconnaître des modèles, mais cela ne signifie pas qu’elle possède une intelligence humaine.
Selon l’encyclique, l’IA n’a pas d’expérience vécue, de corps, de conscience morale ou de vie intérieure. Elle peut imiter la compréhension ou l’empathie sans les vivre réellement.
Autrement dit : une machine peut produire une réponse intelligente sans être une personne intelligente au sens humain du terme.

-L’IA peut être une très bonne chose
Léon XIV n’adopte pas une position de rejet de la technologie. Il reconnaît que l’IA peut contribuer au développement humain et améliorer certains services.
Mais il pose une condition : l’IA doit rester au service de la personne, et non l’inverse. L’intelligence humaine, avec sa conscience et sa liberté, doit continuer à guider l’innovation et à déterminer ses limites.

-Le grand danger : laisser l’algorithme décider à la place de l’homme
C’est probablement l’un des points les plus importants de l’encyclique et ce qui nous guette avec l’IA agentique*.
Léon XIV s’inquiète de décisions concernant l’emploi, le crédit, l’accès aux services, la réputation ou d’autres droits qui pourraient être confiées à des systèmes automatisés.
Pourquoi ? Parce qu’un algorithme ne possède pas la compassion, le pardon ou la capacité de considérer une personne dans toute son histoire. Et surtout, quelqu’un doit pouvoir être responsable de la décision et permettre qu’elle soit contestée.

-Pour Léon XIV, l’IA n’est pas moralement neutre.
C’est une affirmation assez forte de l’encyclique.
Même si une IA est présentée comme « objective », elle repose sur des choix humains : quelles données utiliser, ce qu’on mesure, ce qu’on ignore, ce qu’on cherche à optimiser, comment on classe les personnes, etc.
Léon XIV avertit donc que l’IA peut reproduire ou amplifier des préjugés et des rapports de pouvoir.

-Léon XIV demande une véritable gouvernance de l’IA
L’encyclique appelle notamment à :
davantage de transparence ;
une responsabilité clairement attribuée aux concepteurs et utilisateurs ;
des contrôles indépendants ;
des cadres juridiques adaptés ;
une possibilité de contester les décisions prises avec l’aide de l’IA ;
un accès plus équitable aux technologies et à la formation ;
une attention particulière aux personnes vulnérables.
Léon XIV critique également la concentration des données et des infrastructures d’IA entre les mains d’un petit nombre d’acteurs.

-Léon XIV parle même de « désarmer » l’IA
C’est l’une des expressions les plus remarquables de l’encyclique.
Léon XIV écrit qu’il faut « désarmer » l’IA. Il ne veut pas dire qu’il faut supprimer la technologie. Il veut notamment la soustraire aux logiques de domination, de compétition et de concentration du pouvoir, y compris dans le domaine militaire.
Dans son discours de présentation, il explique que « désarmer » signifie empêcher que l’IA devienne un instrument de domination, d’exclusion et de mort.

-Une dimension écologique
Léon XIV attire également l’attention sur le coût matériel de l’IA : consommation d’énergie, d’eau, centres de données, infrastructures et émissions de CO₂.
Il demande donc de développer une IA plus soutenable écologiquement.

-Le principe central : ne pas perdre ce qui fait l’humain
Au fond, l’encyclique ne porte pas seulement sur la technologie. Elle pose une question beaucoup plus profonde :
Que devient l’être humain lorsque nous commençons à confier de plus en plus de choses aux machines ? Si c’est valable pour l’IA générative ça l’est d’autant plus pour l’IA agentique que le grand public découvre.

Léon XIV refuse une conception de l’homme réduit à sa productivité, à ses performances intellectuelles ou à ses données. Pour lui, la personne possède une liberté, une intériorité, une capacité d’aimer, de créer des relations et de chercher Dieu qu’aucune machine ne peut remplacer.

Léon XIV ne dit pas « il faut avoir peur de l’IA », mais plutôt « ne laissons jamais notre puissance technologique nous faire oublier ce qu’est une personne humaine ».

Lire l’encyclique complète Magnifica Humanitas sur le site du Vatican

Pensez-en ce que vous voulez mais, n’oubliez pas de penser.

*Une IA agentique n’est pas forcément une technologie complètement différente de l’IA générative. Elle peut s’appuyer sur un modèle génératif (comme un LLM), auquel on ajoute notamment :
une mémoire/contexte ;
la capacité de planifier une tâche ;
l’utilisation d’outils ;
une capacité à observer les résultats et ajuster son plan ;
des mécanismes d’autonomie et de contrôle.

IA générative c’est la génération de contenu. On pose une question et l’IA donne une réponse
IA agentique c’est la génération de contenu + le raisonnement + les outils + les actions et la boucle d’exécution donc création d’une bulle, d’un univers de substitution.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.