
Le journal Le Monde redécouvre le monde en cet été de canicules 2026 sur le front des Services d’Urgences de France!
Il titre à la Une de ce week-end « Santé : Le calvaire des patients brancards » !
Il aura fallu le témoignage édifiant d’une ancienne élue de 85 ans aux Urgences du CHU d’Orléans et son récit de ses six jours et nuits sur un brancard des Urgences en attente d’un lit : « J’ai tenu grâce aux soignants, des Anges en enfer ! » pour que l’émotion s’empare à nouveau, un temps, du système.
120 000 lits ont été fermés depuis vingt ans, dont 33 000 lits d’hospitalisation complète entre 2017 et 2024 sous les mandatures « Macron » selon la DREES.
Ils ne voulaient pas voir, et ont continué dans cette voie et ces politiques de folie selon le même président du fameux « en même temps » !
Les soignants que nous sommes ont tenu lors du Covid-19 et ses promesses « des leçons retenues qui n’ont pas été retenues », ils ont encore tenu « cet été 2006 des canicules » et tiennent encore debout ! Mais à quel prix !
À quel prix celles et ceux qui ont imposé ces politiques de folie continuent-ils à faire subir aux malades et aux soignants, le quotidien de « ces anges en enfer » comme vient de l’écrire Nino-Anne Dupieux sur son brancard des Urgences du CHU d’Orléans ?
« Le calvaire des patients brancards » de cet été 2026 dit « des canicules » qui s’inscrit dans le quotidien des politiques de santé de tension, de pression et de crises devenues permanentes, remet en lumière un phénomène qui en dit long sur l’impuissance à gouverner quand gouverner est par définition prévoir et anticiper pour protéger et veiller sur les populations .
L’expression « patients brancard » est entrée dans le langage courant depuis des années comme le terme de PPNV ou « plus personne n’en veut » , c’est-à-dire le patient âgé , poly pathologique et atteint de pathologies chroniques , donc patient compliqué à soigner et dépendant hors profil de l’hyperspécialité et que personne ne veut , tous s’inscrivent dans les combats quotidien des Urgentistes pour trouver un lit d’hospitalisation en aval des Urgences et qui s’y épuisent .
L’évolution de la durée de passages aux Urgences s’est accentuée en dix ans pout tout type de parcours de soins, « c’est même pire qu’avant » avouait l’ancienne Ministre de la santé Agnès BUZYN durant l’été 2023. Les patients qui attendent un lit d’hospitalisation passent en moyenne pour la moitié d’entre eux plus de dix-sept heures aux Urgences soit deux heures trente de plus qu’il y a dix ans, parfois beaucoup plus un , deux, trois voire quatre jours ! A Orléans six jours et six nuits !
Ce phénomène des patients brancards est devenu chronique, tous les services d’Urgences de France y sont confrontés, ne cessent d’alerter l’AMUF et SUDF, les syndicats représentatifs des Urgences de France. Une demande d’hospitalisation en nette augmentation durant cet été de canicules 2026 de plus 10 à 15% au regard des patients âgés et fragiles exposés aux fortes chaleurs et dont la mortalité inhabituelle vient d’être recensée, soit à priori plus de 7300 morts .
« En vingt ans nos gouvernements n’ont pas tiré les leçons des crises qui secouent et secoueront de plus en plus fréquemment le système de santé en France, alerte le Dr Patrick PELLOUX président de l’AMUF, la fermeture des 120 000 lits d’hospitalisation continuent d’épuiser les équipes soignantes, usées par ce sentiment d’indifférence et d’impuissance générale »
Un sentiment d’usure, d’épuisement, de colère justifiés par l’augmentation de risque de mortalité de près de 40% après une nuit passée aux Urgences sur un brancard selon une étude publiée en 2023 par les équipes de l’Assistance Publique des Hôpitaux de paris et l’Institut National de la santé et recherche et de la recherche médicale de la Sorbonne Université, vient s’ajouter au vécu des équipes .
On peut avoir tous les outils pour fluidifier les parcours à disposition y compris via la régulation du Centre 15, quand les besoins d’hospitalisations bondissent lors des événements connus à l’avance , l’été de canicules et lors des viroses hivernales, seuls les couloirs et brancards des Urgences sont encore là pour pallier et répondre à la demande .
Au-delà des lits fermés sans aucune étude d’impact préalable dont les populations subissent les conséquences et la faillite de la pensée politique, se pose la question de l’inadéquation des lits disponibles entre choix de l’hyperspécialisation qui rapporte et la polyvalence des pathologies chroniques et du vieillissement non anticipés de nos populations qui coûtent .
« Ils ne voyaient pas le problème et ne voulaient pas le voir parce qu’ils étaient le problème » dit l’adage tout comme « On ne peut confier la résolution des problèmes à ceux qui les ont créés » va peser en terme de réveil des consciences et des responsabilités en 2027 au titre des priorités sacrifiées , c’est une certitude .
« J’ai tenu grâce aux soignants » sera le message d’espérance et de devoir de responsabilité adressé une nouvelle fois à nos élites qui s’agitent sous la pression des événements et oublient l’essentiel , celles et ceux qui sur le terrain au quotidien tiennent tout et notre système de santé en permanence en bout de bras.
J’ai tenu grâce aux soignants, mais à quel prix pour tous ! 30 % de notre population, soit plus de 22 millions d’usagers, sera amené dans l’année à devoir fréquenter les Services d’Urgences comme nous soignants passés nous aussi de l’autre côté du brancard devenant « patients experts », et confirmant à nos élites qui y passeront à leur tour que cette expérience est des plus enrichissante et qu’elle motive et justifie plus que jamais de mener les combats que nous menons souvent seuls et dans l’abandon.
Puisse ce passage sur les brancards couloirs des Urgences qui les attend, et le « calvaire » de l’été 2026, comme nous, les motiver et les conforter dans le devoir de mener à la hauteur des enjeux de société ces combats qu’ils n’ont pas assez menés à nos côtés, ils pourront apprécier comme moi sur mon brancard des Urgences et des services d’hospitalisation ces forces vives et extraordinaires dévouées sans compter qui sont notre richesse et qu’ils devraient beaucoup mieux reconnaitre que ce qu’ils font .
De mon brancard d’hôpital parmi tous, je pensais à mon Préfet du VAR que j’alertais en conscience et responsabilité dès le mois de juin pour cet été 2026 sur le front des Urgences et qui ne m’a jamais répondu, la déception de son exemple , parce qu’il est un exemple, et la tristesse de son message adressé à tous à travers son silence resteront dans ma mémoire de cet été 2026.
Puisse l’avenir le conduire à un tout autre regard sur notre monde et nos équipes qui continuent avec fierté à assumer leur mission et à résister pour soigner, parce qu’il n’a pas vu en ne se déplaçant pas comme je lui demandais à l’image de sa présence sur le front des feux de forêts avec les pompiers , les équipes ont tenu, mais à quel prix !
Il ne l’a pas vu, il ne pouvait pas le voir, il n’est jamais venu.
Dr Vincent CARRET
AMUF








