Acteurs de la posture permanente de sauvegarde maritime de la France, les sémaphores constituent un rouage essentiel de la surveillance des approches maritimes françaises et de l’action de l’État en mer en Méditerranée. Retour sur leurs activités marquantes en 2025.
Répartie sur l’ensemble du littoral, la chaîne sémaphorique de Méditerranée, composante opérationnelle de la Marine nationale, est armée par 19 sémaphores : 12 sur le continent et 7 en Corse. L’équipage d’un sémaphore est constitué d’une dizaine de marins se relayant 24 h/24 h pour veiller sur la zone de responsabilité qui leur est attribuée à l’aide de différents senseurs (optique, radar, radio, drone, etc.).
Placée sous le contrôle opérationnel du commandant de la zone maritime Méditerranée et pleinement intégrée au dispositif de défense maritime du territoire (DMT), la chaine sémaphorique de la Méditerranée assure la surveillance des approches maritimes françaises sur près de 2000 km de côtes. Elle contribue également à l’action de l’État en mer (AEM) sous l’autorité du préfet maritime de la Méditerranée, en participant notamment aux missions de surveillance de la navigation, de préservation de l’environnement marin, de détection des activités illicites en mer ou encore de sauvegarde de la vie humaine.
Les sémaphores constituent le dernier rempart du territoire national à l’égard des menaces pouvant venir de la mer. En lien avec les bâtiments et aéronefs de la Marine nationale qui évoluent plus au large, ils ont pour mission prioritaire de détecter, interroger, identifier et suivre tous les navires civils et militaires pénétrant et naviguant dans les eaux sous souveraineté et juridiction françaises. En 2025, 257 416 navires civils (+ 3%) et plus de 500 bâtiments militaires étrangers (- 22%) ont été suivis.
Durant l’année écoulée, les sémaphores ont également participé à de nombreux exercices et opérations d’ampleur sur la façade méditerranéenne.
À titre d’exemple, les sémaphores de Ferrat (Saint-Jean-Cap-Ferrat, 06) et de la Garoupe (Antibes, 06) ont tenu un rôle majeur dans la sécurisation de la 3ème Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC 3), organisée en juin dernier à Nice. Durant 10 jours, ils ont assuré une surveillance accrue du trafic maritime et un contrôle étroit des zones réglementées nautique et aérienne en baie des Anges et en rade de Villefranche-sur-Mer. À l’aide de leurs senseurs et renforcés par du personnel venu d’autres sémaphores, ils ont donné un préavis de détection certain aux unités nautiques mobilisées tout en participant à leur coordination sur le plan d’eau.
En matière d’AEM, le rôle de la chaîne sémaphorique est fondamental, par son maillage territorial et ses senseurs, afin notamment de veiller au respect des différentes réglementations et de soutenir le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de Méditerranée (CROSS MED) dans le cadre de ses missions de sauvetage en mer et de surveillance de la navigation et des pollutions.
En 2025, les principales contributions des sémaphores à l’AEM représentent, en chiffres :
3 169 navires de commerce surveillés dans les Bouches de Bonifacio (- 2%) ;
1 485 suspicions d’infractions à la réglementation reportées (+ 16%) :
1 157 concernant le mouillage (+ 18%) dont 738 liées à la posidonie (+ 4%) ;
134 concernant la pêche (- 30%) ;
167 concernant la sécurité maritime (+ 46%) ;
1 091 soutiens aux opérations d’assistance et de sauvetage en mer (+ 35%) ;
10 945 avis urgents aux navigateurs et bulletins météorologiques diffusés à la VHF (+ 14%).








