
Nous changeons de monde et allons devoir tous accompagner ce changement.
Les élections de 2026 et 2027 soumettront aux urnes les priorités de nos concitoyens. La santé n’a jamais été aussi présente dans les inquiétudes de tous, les réunions citoyennes de quartiers pour les élections municipales, comme les salles d’attentes de nos services d’Urgences, nous le confirment. La Une des médias cette semaine l’annonce !
Il n’y a pas de plus belle preuve de la défense de notre démocratie, de nos valeurs républicaines de liberté, d’égalité pour tous et de fraternité au sens de solidarité pour tous, mais aussi de notre politique au sens le plus noble, perdu et sacrifié, celui de l’intérêt de la cité et de l’intérêt général, que la défense de notre hôpital public.
Beaucoup l’ont oublié et se sont éloignés de ces valeurs essentielles pour d’autres intérêts, ils devaient les défendre plus encore, les urnes vont leur rappeler.
Chaque année, plus de vingt millions de citoyens doivent avoir recours aux services d’urgences et aux équipes hospitalières en France, soit un français sur trois et plus de 30% de notre population, ce qui représente « le plus gros parti d’influence » de France en terme de satisfaction, ou pas, concernant les politiques menées au service de tous par nos gouvernants.
Comment s’étonner que le déclassement d’un système de santé classé comme meilleur au monde en 2020, et qui ne l’est plus, symbolisé par les files d’attentes aux Urgences, ne soit pas devenu un sujet de préoccupation majeure de société, et de réel investissement démocratique, mais aussi de colère et de sanction politique à l’égard de celles et ceux qui y ont contribué ?
Voter et donner son vote, sa voix, n’est pas un acte banal, ni gratuit, ni à négliger dans sa portée et sa signification, beaucoup l’ont oublié. La Santé et le courage politique pour la défense de nos hôpitaux publics seront au premier plan des intentions de votes, tous nous le disent et nous le répètent à longueur de journée.
Les votes en conscience et responsabilité correspondent à une forme de contrat moral et de confiance en celles et ceux qui doivent nous représenter, à ce titre ils ne peuvent être perçus comme allant à l’encontre de l’intérêt général et du bien commun au bénéfice d’intérêts particuliers tout à fait contraires et opposés à la volonté du plus grand nombre.
Ce contrat a été rompu, beaucoup trop souvent et dans de trop nombreux domaines essentiels surtout pour notre système de soins où trop de monde se retrouvent en souffrance et confrontés à une forme d’abandon.
Soigner est devenu un combat, un devoir de résistance quotidienne pour tous. Jamais un tel niveau de pression de la part de nos populations sur nos soignants n’a été perçu pour leur demander de tenir bon et de ne jamais renoncer en dépit du niveau de tension et de rupture que tous vivent et ressentent. Tenir, certes, mais jusqu’à quand et à quel prix ?
Demander aux soignants de tenir bon pour pallier aux conséquences et aux effets pervers et violents des politiques de santé que leurs votes n’auraient jamais autorisés ni validés en pleine connaissance de cause, revient à demander aux soignants d’assumer seuls ce que nos gouvernants et législateurs n’assument plus et à questionner sérieusement le contrat moral et de confiance porté par les bulletins de vote.
« À quoi servent nos bulletins de votes si au final ils se retournent contre nous et ne permettent plus d’obtenir les engagements voulus dans les secteurs les plus sensibles et pour lesquels ils étaient en toute logique destinés ? » interrogent les familles des malades.
Non, les bulletins de votes ne validaient pas et n’autorisaient pas la fermeture des 120 000 lits hospitaliers qui nous font cruellement défaut aujourd’hui pour soigner nos populations dont aussi les plus âgées et les plus fragiles , non les bulletins de votes ne validaient pas la fermeture des nombreux services d’Urgences et de SMUR dans nos déserts médicaux par manque de médecins et de personnels soignants par défaut d’anticipation et de choix politiques irresponsables sans étude d’impact préalable , non les bulletins de votes ne voulaient pas conduire à l’état de souffrance , de tensions, de pressions et de crises que l’on observe aujourd’hui pour nos soignants !
Comprendre la fracture qui ne cesse de s’accentuer en 2025 et analysée par le Cevipof, comme la plupart des organismes de sondages, dans le rapport annuel de confiance entre nos élites et gouvernants et populations portée au plus haut niveau à hauteur de 80% de défiance, s’inscrit dans la rupture du contrat moral passé à travers ces votes trahis dans les urnes. « Nos élus législateurs ne nous représentent plus ! » est le triste regard de notre monde actuel et qui ne peut s’inscrire dans la continuité.
Les soignants ne peuvent jamais fuir devant leurs responsabilités lourdes à porter souvent issues des lois votées, comment comprendre et accepter alors que celles et ceux qui les votent et qui aspirent aux plus hautes fonctions et responsabilités puissent s’en affranchir ?
Oui, il n’y a pas plus bel exemple de défense de notre politique pour devoir renouer avec le sens perdu que celui de la défense de l’hôpital public et de toutes ses équipes au service de la cité.
Oui, il n’y a pas plus beau symbole et plus belle réussite d’une vie politique que les combats menés durant des années, souvent seul et contre beaucoup, mais fidèle à ses soignants et ses concitoyens, que la construction d’un hôpital public au service de sa population !
Oui l’engagement pour la défense de l’hôpital public et de tout ce qu’il représente pour tous appartient au domaine des valeurs cardinales et sacrées de la nation.
« Ne nous abandonnez pas, continuez à vous battre, tenez bon , coute que coûte , battez-vous pour que nous n’attendions plus des heures pour un lit à l’hôpital sur un brancard des urgences, et pour qu’il n’y ait plus de drames dans les files d’attente des Urgences malgré vos efforts et votre possible , continuez à vous battre pour que nos services publics puissent être au rendez-vous quand il le faut et sans offre dégradée ni sacrifiée comme nous le vivons depuis des mois » tel est le message, sans cesse renouvelé et ô combien de fois réitéré lors de nos gardes .
Parce qu’il n’y a pas de plus bel engagement et de plus beau devoir démocratique, républicain et politique, que de répondre à ces inquiétudes, ces souffrances et demandes essentielles et prioritaires au service de tous, l’hôpital public est devenu plus que tout ce symbole des demandes et des attentes lors des élections à venir.
Nos élus et candidats pour 2026 et 2027 seront jugés et plébiscités sur cet engagement ou pas, sur cette volonté et ce courage politique à défendre ou pas, leur hôpital public. Beaucoup au regard de leurs programmes actuels n’affichent pas cette volonté et cette priorité, dont acte ! Aux rendez-vous encore manqués, ils finiront logiquement par ne plus avoir de rendez-vous.
Parce que les temps changent, et le monde change, les rapports avec notre monde politique vont devoir être totalement revus pour plus de rapports de vérité et de franchise, et de lien avec le terrain, la vraie vie du quotidien pour tous, vers des choix et des responsabilités politiques assumés et qui le l’ont pas été assez au regard des bilans présents.
« Nous nous sommes trompés pour avoir sacrifié l’essentiel, l’humain, pour le tout comptable ! » reconnait bien seul au monde Henri GUAINO, député de la république et ex-conseiller du Président SARKOZY ! Puissent cet aveu rare et ce courage politique et démocratique être partagés par d’autres législateurs pour renouer avec la confiance perdue.
« On ne peut continuer à confier notre avenir et la résolution des problèmes à ceux qui les ont créés ni à ceux qui ne voyaient pas, ou ne voulaient pas voir les problèmes, parce qu’ils y participaient ou étaient eux-mêmes les problèmes ».
En ces temps de changements politiques indispensables attendus, d’inquiétudes, d’incertitudes, mais de lucidité, que tous nos élus et candidats aux élections à venir s’inspirent du monde soignant et de ses valeurs portées au plus haut malgré les contraintes et obstacles qu’ils leurs imposent depuis tant d’années.
Courage, vérité, devoir d’engagement pour l’intérêt général, et responsabilités assumées des choix de société votés à travers les lois, tel est le contrat moral attendu et à respecter porté par les votes pour 2026 et 2027.
Parce que tous nos combats sont juste et vrais , et qu’ils nous obligent en devoir et responsabilités au regard des enjeux humains actuels, sauf à nous en prouver le contraire.
Dr Vincent CARRET
AMUF





