« Mort pour soigner! »

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« Mort pour soigner! »
Pour le respect, la mémoire et la reconnaissance oubliés des soignants décédés lors du Covid-19

Docteur Vincent Carret

Dr Vincent CARRET / AMUF Var
Janvier 2026

À Eric
Au Dr Eric LOUPIAC et à sa famille,
Aux 170 000 morts du Covid-19 dont nos soignants
et à leurs familles ,
Aux nôtres,

Il est mort pour soigner, et sa famille se bat pour le faire reconnaitre, tout un symbole !

Quand on ne reconnait plus naturellement et objectivement ses serviteurs les plus beaux et les plus emblématiques de la nation et que les familles se trouvent abandonnées et oubliées, il en va d’un effondrement réel de bien des valeurs essentielles de la nation.

Il est toujours là, à travers le combat de son épouse et de sa famille, il est toujours là pour son autre famille et sans cesse rappelé parmi nous à travers l’AMUF et son Président, le Dr Patrick PELLOUX, comme par le Dr Claude FUILLA, ancien Médecin Chef de la BSPP ( Brigade des Sapeurs-Pompiers de paris ) et son hommage rendu dans son ouvrage « De sang et d’Or » .

Ce 21 janvier 2026 l’épouse du Dr Eric LOUPIAC est arrivée tôt au palais de justice de Besançon avec un peu d’appréhension, mais aussi beaucoup d’espoir en la justice, elle avait porté plainte en 2020, plainte classée sans suite durant l’été 2022. Sa famille avait fait appel de cette décision en décembre 2025. Le jugement a été rendu ce 26 janvier 2026. Ses espérances ont été vites déçues. Encore un non-lieu.

« Décès d’un médecin Urgentiste pendant le Covid-19 : non-lieu confirmé et la douleur immense de sa famille » , titrent les médias qui n’oublient pas .

Il s’appelait Eric LOUPIAC, il était médecin Urgentiste. Sa vie, son engagement, sa passion, son professionnalisme, n’avaient d’égal que son devoir de servir et d’aimer son prochain. L’altruisme et l’amour de l’autre portés au plus haut niveau.

Alors praticien hospitalier urgentiste depuis de nombreuses années, il dénonçait comme beaucoup parmi nous lors de l’apogée de la crise des Urgences de 2019 en France , le manque d’équipements aux Urgences et en milieu hospitalier comme celles du CH de Lons-le-Saunier ( Jura) , notamment de masques et de tenues de protection pour toutes ses équipes permettant au personnel soignant de pouvoir soigner dans les conditions conformes , il est en première ligne pour soigner les malades alors que le Covid-19 et ses effets sont encore peu connus et le système hospitalier débordé , il contact le virus en mars 2020. Son état s’aggrave, le Dr Eric LOUPIAC est transféré sur Marseille où il mourra le 23 Avril 2020. Il est un des premiers soignants de France à avoir succombé à cette maladie.

Sa femme et ses filles ont porté plainte. La justice a tranché le non-lieu est confirmé. Sa famille se bat et continue à dénoncer les manquements de l’établissement et de l’état à devoir protéger ses soignants au front et en première ligne.

Le message ainsi envoyé aux soignants à travers ce jugement de non-lieu est terrible pour l’avenir : « Protégez-vous, ne prenez plus de risque et ne vous exposez plus car personne ne vous reconnaît et ne vous reconnaitra ! »

De cet engagement à vie et de sa fierté pour servir il y aura laissé sa propre vie. Ancien médecin Urgentiste à la BSPP ( Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris ), puis hospitalier aux Urgences d’un hôpital de province , il est tombé au combat avec et aux côtés des 170 000 morts en France que beaucoup de familles pleurent encore et n’oublient pas .

Le Monde titre le 17 Octobre 2025 : « Covid-19 : La décision de justice qui critique la gestion du gouvernement . Les 1482 pages de l’arrêt rendu le 7 juillet par la commission d’instruction de la CJR ( Cour de justice de la république) actent , au-delà du non-lieu prononcé en faveur des trois ministres, un texte appelé à faire date à travers de graves manquements .Ces multiples dysfonctionnements relevant des erreurs et parfois des mensonges de l’exécutif conduisent aux conclusions que le nombre de décès des 32 000 morts de la première vague de 2020 auraient pu être évités , La CJR et ses magistrats s’inscrivent ainsi à rebours de la doxa selon laquelle la crise aurait été gérée au mieux et révèlent avoir dû lever bien des obstacles tant ils se sont heurtés à la mauvaise volonté des responsables politiques »

Le livre devenu d’utilité publique « Les juges et l’Assassin » de Davet et Lhomme, sur ces révélations de la CJR y font pourtant froid dans le dos pour toutes ces familles endeuillées qui pleurent les leurs et demandent pardon sur leurs tombes face à un sentiment glacial d’abandon et de responsabilités invisibilisées et à faire oublier.

La mort du Dr Eric LOUPIAC est un symbole, il rejoint dans la liste des morts indues, injustifiées et évitables celle du professeur Samuel PATY, ces morts pour lesquelles l’état a été incapable de pouvoir protéger ses serviteurs les plus emblématiques et admirables qui font pourtant au quotidien nation et la défendent de la plus belle des manières.

Les crises qui précèdent les drames suivent toutes le même schéma comme l’indique la famille du Professeur Samuel PATY assassiné en 2020 par un terroriste, famille qui porte plainte ce 5 Avril 2022 contre les pouvoirs publics pour « non-assistance à personne en péril et non empêchement de crime ».

Le contenu et les informations constitutives de cette plainte pointent ici comme à chaque fois de nombreux dysfonctionnements imputables aux autorités de tutelles et les mêmes failles dans le traitement des signalements clés, les mêmes négligences ou analyses erronées ou refusées, les mêmes « non réponses en tant que réponses », les silences pesants, les mêmes mépris et, in fine, une inaction fautive.

La famille de Samuel PATY précise : « Quand on met bout à bout les déclarations des ministres et des différentes autorités, la dialectique qui apparait est saisissante, l’état n’a pas failli, jamais finalement, si Samuel est mort c’est presque de la fatalité, comme si rien ne pouvait l’empêcher ! ».

L’épouse et la famille du Dr LOUPIAC rejoignent celle de Samuel PATY. La fatalité face aux drames pour éviter toute responsabilité !

« J’ai l’impression qu’on fait comme si ça n’avait pas existé, il faut ignorer cette période-là, elle est finie et il faut tout oublier, on ne parle pas des futures épidémies on n’imagine pas que cela pourra se reproduire, le non-lieu est inquiétant ! Aujourd’hui on ne peut pas avoir un procès contradictoire sur les pièces et les preuves d’un dossier en disant que ce n’est pas normal d’avoir géré la crise du Covid-19 comme ça ! »

Quand un pays s’écroule et sombre dans le déclassement et l’indifférence, il sombre de la perte de sens de ses valeurs les plus nobles oubliées et sacrifiées par ses dirigeants et élites qui ne sont plus au rendez-vous ni à la hauteur d’événements qui exigeraient de l’être, ils ne le sont plus ! La fuite en responsabilité est le plus violent message adressé à tous.

Des élites et gouvernants incapables d’assumer les responsabilités d’une crise sanitaire où ils ont failli comme l’indiquent toutes les pages du rapport de ce livre mémoire sur les rendus de la CJR restera gravée dans l’histoire et guidera le jugement de chacun pour l’avenir, c’est certain. Comment prétendre revenir vers les familles des 170 00 morts du Covid étendues au devoir de mémoire de la nation tout entière pour aspirer à de nouvelles responsabilités supérieures dans le futur ?

Le dossier et le jugement de non-lieu sont une deuxième mort pour le Dr Eric LOUPIAC sa famille et notre famille des soignants de France et n’est pas acceptée. « La cassation va être étudiée » révèle les avocats de la famille et si cela n’est pas envisageable on ira devant la cour européenne des droits de l’homme pour avoir le droit à un procès équitable » avec le soutien assumé de tous.

La « Cassation et la cour Européenne des droits de l’Homme » pour la reconnaissance d’un médecin mort en première ligne pour soigner, pour servir, pour sauver, quel triste regard sur notre monde et notre société !

Valeurs perdues et perte de sens dominent notre époque, le non-lieu pour la mort du Dr Eric LOUPIAC s’inscrit dans cette voie du déclassement moral d’une société dont les horizons doivent plus que tout nous interroger et nous faire réagir.

Parce qu’il nous faut en lieu et place des vrais responsables devoir pallier à la perte de ces nombreuses valeurs et continuer à militer pour que ne disparaisse jamais le devoir de mémoire en celles et ceux qui ont été sacrifiés pour tous et parce que le respect et la reconnaissance de nos serviteurs les plus exemplaires nous demandent de rester avec les familles et de les soutenir dans leurs démarches pour être enfin entendues , nous devons relayer , appuyer et continuer leurs combats .

Derrière ce non-lieu et la mort non reconnue d’un médecin au service de tous pour soigner s’inscrit le procès de la confiance en nos dirigeants et de leur fuite en responsabilité.

« La confiance sociale est le fondement des sociétés heureuses et les plus sures » écrit Robert PUTNAM de L’université d’Harvard, et la confiance perdue est devenue ce combat et ce défi majeur de société qui nous attendent.

Ces combats menés par l ‘AMUF et que beaucoup devraient aussi mener et que l’on n’entend plus sont justes et vrais et nous obligent plus que tout sauf à nous en prouver le contraire.

Dr Vincent CARRET
AMUF

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