Le préfet du Var a réuni jeudi 09 avril à Toulon le comité départemental consacré à la lutte
contre les espèces exotiques envahissantes (EEE). Cette instance nouvelle rassemble
l’ensemble des services de l’État, les collectivités territoriales et les partenaires concernés
par cette problématique, avec l’ambition de renforcer la coordination et l’efficacité de
l’action publique.
1. Un comité opérationnel.
Le comité départemental est l’instance unique de pilotage stratégique en matière de lutte
contre les espèces exotiques envahissantes, animales comme végétales, dans le Var. Réuni
à intervalles réguliers, il assure le suivi des actions engagées et l’anticipation des nouvelles
menaces. Par l’installation de ce comité, l’État affirme sa volonté d’agir de manière
coordonnée, concrète et durable pour préserver le patrimoine naturel varois et protéger
les populations.
Quatre espèces, dont la prolifération dans le Var présente une menace, ont fait l’objet
d’une attention particulière : le frelon asiatique à pattes jaunes, la fourmi électrique, le
crabe bleu et la cochenille tortue du pin.
Le premier comité départemental du 13 février 2026, présidé pour l’occasion par Madame
Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des
Négociations internationales sur le climat et la nature avait permis de partager le
diagnostic de la situation de ces quatre espèces dans le Var et de présenter les dispositifs
existants et les moyens déjà mobilisés.
Ce second comité de pilotage a permis :
• de présenter l’avancée du plan d’action établi lors du premier comité : la quasi-
totalité des actions identifiées ont été réalisées ;
• d’identifier les actions à réaliser et les moyens à mobiliser dans les prochaines
semaines ;
• d’informer des bonnes pratiques et des gestes réflexes à adopter, particulièrement
en ce début de printemps alors que l’activité reprend dans les jardins.
Au-delà de la coordination institutionnelle, une attention particulière est portée à
l’information des habitants, des professionnels et des touristes. Ainsi, une action de
communication départementale grand public est engagée dès ce début de printemps afin
de diffuser des consignes claires, des gestes de prévention et les contacts utiles, sous la
forme de flyers publiés sur le site internet et les réseaux sociaux de la préfecture du Var.
2. Lutter contre les quatre espèces dans le Var.
Une espèce exotique est une espèce introduite en dehors de son aire de répartition
naturelle par l’action humaine, volontaire ou non. Lorsqu’une espèce exotique s’établit
durablement, se reproduit et se propage au point de menacer les espèces indigènes ou les
activités humaines, on parle alors d’espèce exotique envahissante.
Prévention et lutte contre les espèces exotiques envahissantes dans le Var
Ces espèces figurent aujourd’hui parmi les cinq causes majeures de l’érosion de la
biodiversité, au même titre que la destruction des habitats, le changement climatique, la
surexploitation des ressources naturelles et la pollution.
Le Var est un territoire à la biodiversité remarquable, à la fois terrestre et maritime.
Ce territoire offre un cadre propice à la prolifération des espèces exotiques envahissantes
qui représentent un défi croissant pour la préservation des écosystèmes, la santé publique
et certaines filières économiques.
La fourmi électrique (Wasmannia auropunctata)
La fourmi électrique est une espèce exotique envahissante originaire d’Amérique du Sud dont la présence a été confirmée pour la première fois en France métropolitaine dans le Var : en 2022 à Toulon, en 2024 à La Croix-Valmer et en 2026 à Cavalaire-sur-Mer.
La fourmi électrique présente un corps brun à orangé de petite taille (1,2 mm de longueur). La reine est plus foncée et de plus grande
taille (4,5mm). Les nids sont de tailles variables et interconnectés en
réseaux, on les retrouve dans tous types de milieux et de substrats
(espaces naturels, urbains, habitations…).
Sa piqûre est très douloureuse et peut entraîner des réactions inflammatoires sévères, ainsi qu’une cécité chez les animaux domestiques.
Le Var est le seul département affecté par la présence de foyers de fourmi électrique (un
peu plus de 7 hectares au total).
L’espèce figure sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour
l’Union européenne (règlement d’exécution (UE) 2022/1203) : son introduction sur le
territoire, y compris le transit sous surveillance douanière, l’introduction dans le milieu
naturel, la détention, le transport, le colportage, l’utilisation, l’échange, la mise en vente
ou l’achat sont interdits au sein de l’Union européenne.
Quel constat ?
Depuis le début d’année 2026, la FREDON PACA, appuyée par les scientifiques du groupe
de travail « fourmi électrique » des universités d’Avignon et de Montpellier, a finalisé la
cartographie des zones impactées afin d’adapter les modalités de traitement aux
spécificités du terrain (présence d’habitations, proximité des cours d’eau, pente, zones
difficiles d’accès, etc.).
La méthode mise en œuvre en 2025 – utilisation de boites distributrices permettant de
limiter la délivrance du produit aux seules fourmis ciblées dans un petit espace – n’a pas
été suffisamment efficace ce qui a confirmé la nécessité de recourir à une utilisation
classique du produit Campaign® Ant Bait par saupoudrage. En complément, l’utilisation du
produit Antixx ® Fire Ant Bait et d’autres produits alternatifs est étudiée pour les espaces
où le Campaign ® ne pourra être utilisé.
Les actions réalisées depuis le dernier comité départemental :
➢ Définir la zone : la cartographie fine des foyers d’implantation a permis d’identifier
les zones susceptibles d’être traitées par saupoudrage du Campaign® Ant Bait
(terrains éloignés des cours d’eau et hors bâti habité).
➢ Adapter la méthode de lutte : à la demande du préfet, le Ministère de la transition
écologique, de la biodiversité et des négociations sur le climat et la nature par un
arrêté du 25 mars 2026, autorise par dérogation la mise à disposition sur le marché
et l’utilisation des produits « Campaign® Ant Bait » et « Antixx » en France pour
une période de 180 jours. Une partie des zones affectées difficilement accessibles
sera traitée par drone.
➢ Agir : la période d’activité de la fourmi électrique reprenant, la campagne de
traitement va débuter dans les prochaines semaines dans les foyers concernés.
Sensibiliser :
Un flyer dédié est disponible sur le site internet de la Préfecture et largement relayé sur les
réseaux sociaux. Il permet aux particuliers d’être sensibilisés aux gestes réflexes et
d’identifier les organismes à contacter.
Qui contacter▶ ?
Toute suspicion doit être signalée à votre commune ainsi qu’à
Fredon : accueil@fredon-paca.fr ou au 04 90 27 26 70
Office français de la biodiversité : sd83@ofb.gouv.fr ou au 04 94 68 76 59
La cochenille tortue du pin (Toumeyella parvicornis)
La cochenille tortue du pin est une espèce exotique envahissante originaire d’Amérique et introduite par l’homme en Italie. Cet insecte
cause depuis 2014 d’importants dégâts en Italie sur les pins parasols et les pins maritimes des villes de Naples et de Rome. Détectée pour la première fois en France en 2021 dans le Golfe de Saint-Tropez, elle reste cantonnée pour le moment au département du Var mais de plus en plus de communes sont infestées.
La cochenille tortue du pin est une petite cochenille brun-rougeâtre avec des taches plus foncées sur la carapace, ce qui lui donne l’apparence d’une carapace de tortue. Elle mesure de 3,5 à 5 mm de longueur. Elle vit fixée sur les pousses de l’année.
Les colonies de cochenilles tortue du pin s’installent sur les aiguilles et les branches des
arbres, sucent la sève et provoquent d’abord le rougissement des aiguilles puis une
mortalité de branches de plus en plus grosses qui peut conduire à la mortalité de l’arbre.
La propagation de cette cochenille se fait par le vent pendant la saison de végétation mais
aussi par la plantation d’arbres contaminés. Cette espèce provoque des dégâts
importants notamment sur les pins parasols. Elle a été ajoutée en France, en 2021, sur la
liste des organismes nuisibles dits émergents.
Quel constat ?
Les prospections menées par les services du Ministère chargé de l’agriculture dans la
région ont révélé une infestation avancée dans le Golfe de Saint-Tropez. Dans ce
contexte, une stratégie d’enrayement a été mise en œuvre afin de limiter sa propagation
vers les parcs et jardins, ainsi que les massifs forestiers environnants.
Les mesures de lutte :
Face à cette menace, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a publié le 16 mars
2022 un arrêté visant à éviter l’introduction et la propagation de cette cochenille. Suivant
le niveau d’infestation du végétal, il peut être nécessaire de procéder à l’élagage des
parties atteintes, voire à l’abattage de l’arbre.
À la suite de prospections approfondies confiées à la Fédération régionale de défense
contre les organismes nuisibles (FREDON PACA), un arrêté du Préfet de la région
Provence-Alpes-Côte d’Azur du 25 mars 2026 délimite les communes concernées par ces
mesures. Dans cette zone, des mesures obligatoires s’appliquent aux espèces sensibles de
pins destinés à la plantation et aux bois résultant de l’élagage des branches ou de
l’abattage des arbres contaminés.
Pour les professionnels :
✔ Les pépiniéristes, paysagistes, jardineries et autres producteurs ou vendeurs de
végétaux doivent signaler les arbres destinés à la plantation suspectés d’être contaminés, afin qu’ils puissent être élagués ou détruits après confirmation de la présence de la cochenille tortue du pin.
Les branches et troncs issus des élagages et des abattages des arbres contaminés ne doivent pas quitter le périmètre de la zone délimitée.
✔ Les pins destinés à la plantation, cultivés en zone délimitée, ne peuvent pas être
vendus en dehors de cette zone sans une autorisation délivrée après un
contrôle officiel.
Pour les particuliers
• il est recommandé aux particuliers et autres détenteurs de pins de signaler aux professionnels du végétal les arbres présentant des signes d’attaque à savoir le rougissement des aiguilles mais aussi la présence de fumagine, coloration noire des aiguilles due aux excrétions des insectes.
• En fonction de leur état et de leur taille, ces arbres pourront faire l’objet d’un traitement
et/ou d’un élagage aux frais du détenteur. Les branches attaquées par cet insecte deviennent très cassantes, aussi il est recommandé de confier leur élagage à des professionnels ou de le réaliser avec de grandes précautions.
Il est possible de protéger les pins par application d’insecticides spécialisés et/ou par la
lâche d’auxiliaires (coccinelles et chrysopes par exemple). Toutefois, les produits utilisés
jusqu’à présent n’étaient pas suffisamment efficaces et nécessitaient un traitement,
souvent coûteux pour les propriétaires, chaque année.
Les actions réalisées depuis le dernier comité départemental :
Après plusieurs campagnes d’expérimentations destinées à tester des produits plus
efficaces pour traiter les pins infestés, le ministère en charge de l’agriculture, à la
demande du préfet du Var et de la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et
de la forêt (DRAAF) PACA, vient d’autoriser l’application d’un nouveau produit
phytosanitaire (PPP) :
➢ Dans le Var, le traitement par le PPP QUENZA à base d’azadirachitine est autorisé
du 11/03/2026 au 09/07/2026
➢ Il est à appliquer par injection, dès les premiers signes de présence de la cochenille
tortue sur le pin.
Attention : ces traitements ne peuvent être effectués que par des applicateurs agréés. Il
en existe 7 à ce jour : Tropicana Flore (Roquebrune sur Argens), Derbez Environnement
(Gassin), Lambert et Bonfils (Grasse), TECA (Hyères), EVEA (La Ciotat), VAC Gazons (La
Crau), Pasero (Cannes La Bocca).
Sensibiliser▶ :
Un flyer dédié est disponible sur le site internet de la Préfecture et largement relayé sur les
réseaux sociaux. Il permet aux particuliers d’être sensibilisés aux gestes réflexes et
d’identifier les organismes à contacter.
Qui contacter ?
Toute suspicion doit être signalée à
DRAAF paca : sral.draaf-paca@agriculture.gouv.fr
Fredon : accueil@fredon-paca.fr ou au 04 90 27 26 70
Le frelon asiatique (Vespa velutina)
Introduit accidentellement en France au début des années 2000, le frelon asiatique à pattes
jaunes est aujourd’hui largement implanté sur le territoire national, y compris dans le sud-est.
Compte tenu de son implantation désormais généralisée, son éradication n’est plus
envisageable avec les moyens actuels. La stratégie repose désormais sur la mise en place de moyens de lutte efficaces, afin de limiter ses impacts.
Sa propagation rapide s’explique par plusieurs facteurs : une forte capacité de
reproduction, un cycle biologique annuel produisant un grand nombre d’individus, des
ressources alimentaires abondantes et l’absence de prédateurs naturels spécifiques.
Quel impact▶ ?
Le frelon asiatique s’attaque à une grande diversité d’insectes. En moyenne, près de 85 %
de son alimentation est composée d’abeilles, de guêpes et de mouches, dont environ 40 %
d’abeilles domestiques. Il exerce une pression directe sur les colonies d’abeille en
capturant les ouvrières à l’entrée des ruches. Cette prédation entraîne une diminution de
l’activité de butinage, fragilise les colonies et peut conduire à leur mortalité. Dans les cas
les plus sévères, jusqu’à 30 % des colonies peuvent disparaître à l’échelle nationale chaque
année.
Le frelon asiatique n’est pas agressif, mais il attaque pour défendre son nid. La présence
de nids à proximité des habitations peut présenter un danger pour les riverains. Les
situations d’exposition peuvent entraîner des piqûres multiples et des envenimations
graves (particulièrement pour les personnes souffrant d’allergie aux piqûres
d’hyménoptères). Les méthodes inadaptées de destruction des nids peuvent également
présenter des risques pour les opérateurs et le public.
Les mesures de lutte :
La loi n°2025-237 du 14 mars 2025 visant à endiguer la prolifération du frelon asiatique et
à préserver la filière apicole met en place un plan national de lutte contre cette espèce.
Ce plan vise à renforcer la coordination des actions, à améliorer l’efficacité des dispositifs
existants et à mobiliser l’ensemble des acteurs concernés, au plus près des territoires.
Pour un particulier, comment réagir?
✔ Destruction des nids : si vous trouvez un nid, faites le signalement et n’essayez
surtout pas de le détruire vous-même, mais contactez un professionnel habilité. Un
nid peut être détruit jusqu’à 30 m de hauteur avec une perche en injectant un
insecticide biocide homologué.
✔ Piégeage de printemps : permet la capture des reines fondatrices, avec des pièges
les plus sélectifs possibles pour éviter de porter atteintes à d’autres insectes.
✔ Piégeage d’automne : la localisation des nids dans les arbres est souvent plus facile
en automne après la chute des feuilles. Bien que la colonie meure au cours de
l’hiver, la destruction automnale du nid permet d’éviter le développement d’une
nouvelle génération.
✔ Protection des ruches à l’aide de pièges sélectifs : permet soit d’éloigner les frelons
des ruches, soit de les détruire en cas d’approche des ruches.
Pour plus de renseignements : fredon.fr/paca/
Sensibiliser :
Un flyer dédié est disponible sur le site internet de la Préfecture et largement relayé sur les
réseaux sociaux. Il permet aux particuliers d’être sensibilisés aux gestes réflexes et
d’identifier les organismes à contacter.
Le crabe bleu (Callinectes sapidus)
Le crabe bleu est une espèce non indigène originaire
du continent américain, dont la présence est de
plus en plus signalée sur les cotes méditerranéennes
françaises, notamment dans les lagunes et zones
littorales du sud-est.
Le crabe bleu est une espèce omnivore qui se
reproduit très vite. La femelle peut pondre jusqu’à 2 millions d’oeufs en une seule fois. Sa
longévité est de 3 à 4 ans. Il peut atteindre 23 cm de large un poids de 500 grammes. La
carapace est brune à grise, parfois bleu-vert. Les pinces sont bleues chez les mâles et
rouges chez les femelles. Il vit dans l’eau salée comme en eau douce et peut parcourir
jusqu’à 15 km.
Quel impact ?
Les autorités environnementales et les gestionnaires d’espaces naturels soulignent sa
capacité d’adaptation aux milieux saumâtres et sa forte mobilité, ce qui favorise son
installation. Cette espèce peut perturber les équilibres écologiques locaux en prédatant
certaines espèces benthiques (qui vivent fixées au sol ou qui se déplacent en rasant le sol)
et en entrant en concurrence avec la faune autochtone. Elle peut également générer des
impacts économiques, en particulier sur certaines activités de pèche.
Les mesures de lutte :
Les actions engagées consistent principalement en :
✔ la surveillance des populations, la collecte de données scientifiques,
✔ l’implication des pêcheurs et gestionnaires d’espaces naturels,
✔ ainsi que la sensibilisation du public pour éviter les relâchers accidentels.
La lutte reste complexe du fait des milieux ouverts concernés et de la capacité de
dispersion naturelle de l’espece. Mais bonne nouvelle : le crabe bleu est comestible et
savoureux ! Sans doute le meilleur moyen de lutter contre sa prolifération.
Sensibiliser : Un flyer dédié est disponible sur le site internet de la Préfecture et
largement relayé sur les réseaux sociaux. Il permet aux particuliers d’être sensibilisés aux
gestes réflexes et d’identifier les organismes à contacter.





