Le temps rêvé des phénomènes sectaires

0
alerte enlèvement
(©Amandine Mehl/ Lorraine Actu)

Elle a 8 ans, de grands yeux qui interrogent, et elle fait l’actualité dans les journaux, comme à la télévision. Il s’agit, bien sûr, de la petite Mia, enlevée à sa grand-mère qui en avait la garde, et disparue avec sa mère qui veut « la soustraire à la société ». Pas d’école, pas d’entourage familial ou amical, pas de liberté de choisir sa vie… Les phénomènes sectaires s’épanouissent car le virus venu d’ailleurs n’attaque pas que notre système immunitaire : ses atteintes psychologiques sont pleinement reconnues. Et, comme toujours, dans ce genre de dérive, il y a des « chefs » et des serviteurs. Pour échapper à la fin du monde – et au virus – il faut parfois manger cru, faire des jeûnes pour se purger de toutes nos impuretés, vivre en forêt loin de la civilisation, refuser les médicaments, les vaccins, croire aux extraterrestres : il y en a vraiment pour tous les goûts ! Que des adultes s’engagent dans ces voies sans issue relève de leur liberté individuelle. Mais entraîner des enfants dans une vie qu’ils n’ont pas choisie peut être destructeur. Il ne faut pas croire que ces adeptes d’un monde différent sont des handicapés intellectuels : certains sont diplômés, et apprécient leur toute puissance s’ils deviennent « chefs ». Les « serviteurs », quant à eux sont souvent fragilisés par un deuil, un accident de la vie, et retrouvent dans le milieu choisi, une raison d’espérer. Tous ne décident pas de s’immoler par le feu si leur secte est découverte, mais bien peu arrivent à échapper à l’emprise du mouvement dans lequel ils vivent désormais.

Dans ce contexte, les enfants sont toujours les premières victimes. Avant de devenir, peut-être, à leur tour, des « chefs » ou des « serviteurs ».

Nicole Fau

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.