Vaccinations : des relents dans la seringue !

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Quand le monde ébranlé par la pire des pandémies devrait se féliciter du génie des chercheurs de toutes origines, qui en un temps record apportent un peu d’espérance, certains jugent bon de réveiller de vieilles peurs.

Innovation prometteuse
Le vaccin Moderna Covid-19 mRNA comme le vaccin Pfizer-BioNTech.sont des vaccins à ARN messager. Cette nouvelle technologie géniale consiste à injecter une séquence génétique du virus à l’intérieur de la cellule humaine. C’est une copie temporaire d’une section de notre ADN, le code génétique de toutes nos cellules. Un brin d’ARN messager contient toutes les instructions d’assemblage pour permettre à une cellule de créer une protéine. Dans le cas du vaccin proposé par Moderna ou Pfizer et BioNTech, l’ARN messager qui est injecté dans le corps a pour mission d’indiquer aux cellules quelles sont les protéines qu’elles doivent synthétiser pour se défendre contre le coronavirus.

Explication
Sur leurs couches extérieures, les coronavirus sont hérissés de petites pointes que l’on appelle des spicules, et qui sont disposées dans une forme rappelant celle d’une couronne, ce qui explique le nom du virus (coronavirus est le mot latin pour désigner les virus à couronne). Ces pointes, composées de glycoprotéines, servent de clé pour entrer dans les cellules infectées.

En temps normal, sans vaccination, lorsque notre organisme rencontre une menace virale ou bactérienne, il se défend grâce à des anticorps produits par le système immunitaire. Devant la grande variété d’agressions que peut subir le corps, notre organisme a besoin d’une protéine venant de la menace extérieure pour pouvoir l’identifier : c’est l’antigène. Une fois cet antigène reconnu, le système immunitaire développe des anticorps spécifiques pour faire barrière efficacement à l’agression.

L’idée nouvelle du vaccin actuellement développé est d’aider les cellules à repérer les spicules du coronavirus. Grâce à l’ARN messager qui sera injecté, le système immunitaire sera en possession d’un antigène de la Covid-19, ce qui lui offrira la possibilité de produire les bons anticorps, afin de faire rempart à l’infection.

À l’inverse, dans les vaccins traditionnels comme Astra Zeneca, c’est un virus inactif qui est inoculé. L’objectif reste le même dans les deux cas : déclencher une réponse immunitaire proportionnée pour que l’organisme puisse se défendre.

Itinéraire de la rumeur 

Stephane Bancel et Albert Bourla Moderna et Pfizer

Oui mais voilà ! Certains médias, relayés sur des réseaux sociaux ont fait remarquer que, selon eux, Pfizer et Moderna sont des laboratoires américains gérés par des PDG d’origine juive, le français Stéphane Bancel et le grec Albert Bourla. Il n’en fallut pas plus pour que se déchaine une vague complotiste aux relents antisémites qui ne fait que grossir sur les réseaux sociaux complaisants et parfois d’une façon très insidieuse.

La Tribune Juive soulignait récemment la belle histoire du PDG de Pfizer, Albert Bourla qui est le descendant d’une famille déportée par les nazis et qui, sauve par son vaccin les fils de ceux qui ont persécutés ses ancêtres. Ironie de l’histoire.

Pour les milieux universalistes et les obédiences fraternelles les chercheurs et dirigeants de Pfizer et Moderna sont des bienfaiteurs qui honorent l’humanité. Bravo au génie juif !

Les médias pro-palestiniens et la « rue arabe » voient les choses tout autrement. Ils alimentent une rumeur dénonçant les directeurs des laboratoires juifs américains qui « réservent leurs doses aux amis d’Israël et de ce fait pratiquent une sélection raciale » (sic).

Enfin pour les penseurs complotistes de l’extrême droite européenne et mondiale la pandémie provoquée par la Covid 19 est la preuve d’un complot judéo-maçonnique pour diffuser la maladie et vendre au prix fort le contrepoison sous forme de vaccin ARN messager. Le virus aurait été créé par des juifs chinois (il paraît qu’il y en a). Dans la foulée ils annoncent que la prochaine aubaine judéo-maçonnique sera une explosion du nombre de cancers dans le monde qui seront traités grâce à la technique de l’ARN messager.  « Et qui trouve-t-on aux manettes ? devinez ? » dis la rumeur… « on trouve les juifs, toujours les juifs. »

Réveil de vieilles obsessions…
Au Moyen Age on accusait déjà les juifs, lors de la peste qui frappa l’Europe à partir de 1348, d’avoir favorisé l’épidémie. « Le thème des Juifs empoisonneurs fait partie de ces croyances qui résistent encore aux progrès de la civilisation, de la raison et de la tolérance. En particulier, il retrouva une nouvelle jeunesse dans le monde arabe, traumatisé par la création d’Israël en 1948. La propagande antisioniste, maquillage progressiste de l’antisémitisme, n’hésita pas à faire appel aux poncifs médiévaux pour diaboliser l’État hébreu. »*

Dès le mois de janvier 2021 des théories complotistes attribuaient aux Juifs la responsabilité de la pandémie de la Covid 19. C’est une secte juive chinoise qui aurait créé le virus afin de déclencher une panique boursière dans l’espoir de tirer profit de l’effondrement des marchés. Le lobby des « laboratoires juifs » aurait par ailleurs provoqué la vague de dépréciation envers leur concurrent Astra Zeneca.

Les clichés ont la vie dure
On retrouve là un autre cliché de l’antisémitisme associant les Juifs et l’Argent. Dans un tweet récent on pouvait lire : « Les Juifs, les sionistes, ont conçu le nouveau coronavirus comme une arme biologique, comme la grippe aviaire… pour soumettre le monde, en vendant leurs vaccins pour s’emparer de pays et stériliser la population mondiale… »

Vaccins ariens ou vaccins juifs, plus con que ça tu meurs et pas forcément du Corona virus !

Jean-François Principiano

 

*https://blogthucydide.wordpress.com/2020/03/27/les-juifs-empoisonneurs-le-retour-dun-vieux-mythe-complotiste/

 

 

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