Europe : LREM et les fédéralistes font le forcing

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Au Lycée Raynouard de Brignoles, le 21/9, à 14 h, un atelier participatif est organisé pour les terminales, avec comme thème : « la mobilité des étudiants au sein de l’Europe : rêve ou réalité ? »(1)

Passons sur le côté orienté du questionnement. Mais qui organise cet « atelier »dans l’établissement : le lycée, un groupe de professeurs..? Pas du tout. Un collectif « consultations citoyennes pour l’Europe » qui a commencé une campagne de sensibilisation en vue de l’élection européenne de mai 2019.

Un collectif fortement arrimé à l’institution européenne, donc à Emmanuel Macron et à LREM…bien entendu ouvert à tous les fédéralistes qui se veulent les sauveurs de cette Europe libérale, les rassembleurs des « progressistes » face au risque nationaliste. LREM n’étant pas l’organisateur officiel mais l’inspirateur.

Outre le fait que la campagne n’est pas ouverte mais que rien n’empêche de parler de l’enjeu de ce scrutin et d’en débattre, on peut se demander si le lycée Raynouard accueillerait une initiative de même nature mais de sensibilité opposée à la fois aux tenants d’une Europe qui s’effrite et à ceux dont le projet est de la veine de celui de Trump, ultranationaliste, sécuritaire, identitaire, islamophobe, belliciste…

L’initiative s’apparente à une mise à disposition des établissements scolaires publics pour y faire du prosélytisme politique d’État même pas comme une confrontation des opinions à égalité de moyens de communication.

Car à qui fera-t-on croire que cette organisation « toute l’Europe.EU » qui se dit « transpartisane » et « hors des clivages politiques » n’aurait pas d’objectif politique très direct : promouvoir les idées de celles et ceux qui ont en charge les responsabilités nationales et le devenir d’une Europe libérale qui n’a jamais autant été contestée.

Comment ne pas faire la relation entre le résultat des frustrations des peuples méprisés et la montée de l’extrême-droite dont les avancées sont le résultat des abandons de souveraineté, des reculs sociaux, des inégalités entre les pays tandis que s’affichent des profits indécents sur leur dos.

Ce n’est pas l’idée d’une Europe forte de ses coopérations et affranchie de la domination du dollar, qui est à rejeter, bien au contraire mais cette construction-là, conforme aux exigences de la finance mondialisée visant la seule rentabilité des capitaux, celle qui continue et menace nos vies !

Où sont les urgences environnementales et sociales ? Ils sacrifient les services publics pour une « libre » concurrence dévastatrice. Les inégalités s’accroissent…La question migratoire servira à évacuer ces questions centrales. Pour qui l’Europe ? Les peuples ou la finance ? Le progrès pour tous ou les privilèges de quelques-uns ? La sauvegarde de la planète ou la fuite en avant ?

Oui, un débat citoyen doit s’engager. Pas un rouleau compresseur qui, comme pour les « réformes » en France, a décidé, quoi qu’en disent les citoyens et les oppositions, d’appliquer ses décisions. La démocratie est aussi un des enjeux pour chacun des pays comme pour l’Europe. Car comme on le voit, ils ont la main-mise sur la plupart des médias où la pensée libérale domine très largement.

S’ils se mettent à réquisitionner les lycées et les élèves de terminales, où va-t-on ?

René Fredon

(1) http://www.tv83.info/2018/09/04/consultations-citoyennes-sur-leurope/

3 COMMENTS

  1. Droit de réponse aux critiques concernant l’événement « Consultation Citoyenne Européenne : La mobilité étudiante en Europe, rêve ou réalité ? »

    Le message est clair. En dénonçant les consultations citoyennes sur l’Europe comme un « prosélytisme politique d’État », les adversaires de l’Humanisme des Nations Européennes ont ouvert une nouvelle fois les plaies de la Jeunesse. Refuser qu’un établissement scolaire public accueille une « consultation citoyenne sur l’Europe » est le geste de mépris le plus froid que l’on puisse adresser à une Jeunesse Française grandissant dans un monde incertain où les retours de bâtons sont plus fréquents que les actes démocratiques.
    Nous, membres de l’Union des Fédéralistes Européens, nous défendons le Projet Européen humaniste tel qu’il fut conçu à ses origines au Congrès de La Haye en 1948 et lors de la Déclaration de Robert Schuman, le 9 mai 1950. Que les organisateurs de cette attaque sachent que nous la prenons comme portée contre l’Europe et ses hautes valeurs, contre son peuple et sa volonté citoyenne. Se servir d’une propagande ingrate pour empêcher les Jeunes de faire l’Europe est indigne de tout mouvement politique. Les jeunes sont les individus les plus vulnérables. Les plus à même de les protéger est l’État, l’Europe, les institutions publiques, certainement pas des partis politiques de leur acabit, avec leur triste histoire et leur passé peu glorieux… Chacun est en droit de porter les valeurs qu’il souhaite, mais la liberté démocratique nous contraint de porter les valeurs que nous croyons justes et fortes, capables de nous faire grandir tous ensembles ! Ayez l’intelligence d’accepter la contradiction et la diffusion trans-partisane, non pas de nos idées fédéralistes, mais des valeurs Européennes de paix, de liberté, de respect, d’humanisme.
    L’événement organisé le 21 septembre était pourtant classique : tout est dans le titre : une consultation citoyenne sur l’Europe. Des responsables. Des étudiants. Un outil : la mobilité. Un contradicteur : le populisme.
    La consultation animée par des associations citoyennes Européennes, en aucune façon par des partis politiques quels qu’ils soient, est un espace de débat entre des individus informés et des individus souhaitant être informés. Dans ce cas, des spécialistes des politiques Françaises et Européennes (des élus locaux, des élus nationaux et des bénéficiaires du programme Erasmus) devaient échanger avec des lycéens d’un lycée varois. Voilà ce que dénonce une tribune publiée par monsieur René Fredon : elle dénonce un apprentissage des valeurs et des outils Européens fondamentaux par l’Institution Publique aux futurs électeurs, aux futurs Citoyens, aux (futurs) bénéficiaires des apports de la Construction Européenne. Européens, nous lui répondons !
    Les Jeunes doivent apporter leur pierre aux débats lorsqu’ils sont organisés de la façon la plus démocratique : un échange, des questionnements, des réponses, une consultation entre individus éduqués, soucieux de partager les idéaux humanistes Européens d’un côté et des individus cherchant à en apprendre davantage sur le fonctionnement d’une organisation présente dans nos vies dès la naissance, d’une organisation dont le nom est inscrit sur nos passeports, présentés comme pièce d’identité. Plus que tout, l’Union Européenne relève de notre identité propre, elle nous appartient, à condition d’oser les débats, les défis et de les relever, tous ensembles, en Démocratie, en Liberté, en Fraternité, en Égalité.
    Vous voulez nous faire croire que parler d’Europe c’est faire du prosélytisme politique ? Que l’Europe est un simple débat politique ? Vous voulez nous empêcher d’apprendre ce qui fait notre avantage d’être Européens ? Non ! L’Europe fait partie de notre identité quotidienne ! Je vous demande de prendre votre passeport, de le contempler et de lire les lettres d’or : « UNION EUROPÉENNE – RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ». Ce passeport que vous tenez-là vous permet de bénéficier d’une assistance de n’importe quel État-Membre de l’Union lorsque vous êtes en voyage à l’étranger. Car notre Union Européenne, c’est bien l’Europe de l’assistance et de la protection : c’est elle qui permet de former les soldats Maliens au Sahel et c’est encore elle qui permet à nos navires chargés de marchandises manufacturées par nos usines de voyager en sérénité dans le Golfe d’Aden. Protection contre les injustices avec ses institutions judiciaires. Protection contre les grandes entreprises davantage respectueuses de leurs bénéfices plutôt que du droit des personnes. Protection de nos droits avec la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne. Etc. C’est bien de cette Europe que l’on tente aujourd’hui de séparer nos jeunes. Nous ne pouvons pas instruire et éduquer la Jeunesse sans l’informer du monde dans lequel elle évolue constamment. Vous le savez, les Jeunes sont nés à l’ère d’Internet, des GAFAM du 11 Septembre et de la Crise financière. Mais vous le savez aussi, les Jeunes sont nés à l’ère de l’Europe, de la démocratie, et du refus de la soumission. Regardons l’Histoire en face : la France a cru dès le début au Progrès Européen. Elle a porté parmi les plus grands Européens dont Robert Schuman, Jean Monnet, Valéry Giscard d’Estaing, Victor Hugo ou François Mitterrand. Ce sont eux qui ont construit ce que Jeremy Rifkin appelle le Rêve Européen, débordant d’espoirs pour notre Jeunesse. Parler du Projet Européen, c’est parler d’Humanisme ; parler de l’Union Européenne, c’est parler de la République Française ; parler des Européens, c’est parler des Français ! Plutôt que de contraindre la Jeunesse, lancez-lui un message positif d’ouverture et d’évolution !
    En refusant cette consultation citoyenne, qui faisait le bonheur des organisateurs, des participants et de ses soutiens, vous vous conduisez en apôtres de l’obscurantisme sociétal. Soumettez notre Jeunesse Française, notre Jeunesse Européenne, à de basses considérations politiciennes aux antipodes de l’ambition initiale de cette rencontre. Est-ce de tout cela et comme cela dont vous voudriez priver les Jeunes dont le Président de Madagascar Hery Rajaonarimampianina disait encore en juillet à l’Université d’Aix-Marseille qu’ils sont la problématique d’aujourd’hui et pas seulement de demain ? Vous, les ignobles censeurs du débat Européen prenez cette citation apocryphe comme mantra : « Je ne suis pas d’accord avec vous mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de la dire ». Honorez notre Histoire et notre Démocratie, de la plus belle des façons : d’une façon démocratique ! En tant que Jeunes Européens, laissez-nous une chance de vivre dans une Europe meilleure ! Laissez-nous la chance de vous montrer que l’Europe peut être forte de sa Jeunesse ! Laissez-nous le pouvoir de choisir notre propre monde !
    La mobilité des Jeunes en Europe est une chance. Le programme Erasmus qui a fêté ses 30 ans l’année dernière bénéficie à des centaines de milliers d’étudiants chaque année. En 2018, la Commission Européenne a lancé l’initiative DiscoverEU, permettant à des étudiants de plus de 18 ans de bénéficier de billets de trains gratuits afin de voyager partout en Europe. Une seconde session de candidature est prévue à l’automne tellement le succès était grand (100 000 candidatures pour 15 000 places). Ces occasions de mobilité des Jeunes leur permet de découvrir la Culture de l’Europe, ce continent recensant plus de sites inscrits au Patrimoine de l’UNESCO que tout autre. Ce continent Européen où l’on parle plus de 200 langues, où l’on compte des milliers de bâtiments historiques et dont chaque ville est le reflet de l’Histoire de son pays par ses paysages, ses rues ou ses habitants. Au nom de quoi justifier la perte pour les Jeunes de ces repères essentiels de construction personnelle ? Ce n’est pas une question politique, c’est une question d’humanité.
    Malheureusement, cet événement illustre une nouvelle fois la fracture séparant l’Instruction publique et le Projet Européen, dans son fonctionnement comme dans son Histoire. J’ai quitté le Lycée l’année dernière, je suis entré première année de License en Philosophie cette année à la Faculté des Arts, Lettres, Langues et Sciences Humaines de l’Université d’Aix-Marseille, à Aix-en-Provence (quel bonheur d’être sur le Site Schuman !). Mes souvenirs ne me trompent pas : l’Europe n’est pas enseignée, ni de près, ni de loin. Plus que triste, cela est choquant ! L’Europe, nous y sommes nés. Et nous y mourrons. Elle nous suivra tout au long de notre existence. Bien-sûr nous pourrons l’améliorer ou la détruire, mais pour cela encore faut-il être informé de ce que l’on souhaite améliorer ou détruire… Oui c’est à l’École de la République de porter l’Europe ! Elle fait partie de notre identité. Nous sommes les peuples d’Europe ! Nous sommes Européens et Français, les deux sont associés, inséparables et c’est à l’École que l’on apprend aux élèves qui ils sont d’un point de vue sociétal. C’est à l’État d’apprendre la construction de la France et de son appartenance à l’Union Européenne, de la même façon que j’ai appris le Droit du Sol et le Droit du Sang en Sixième il y a quelques années.
    Nous, Européens convaincus, portons les mêmes valeurs que celles défendues par des millions en 1789 ou en 1989 ! Le partage du pouvoir politique est inscrit dans l’ADN de l’Union Européenne, souvenons-nous des discours du Grand Paul Reynaud au Congrès de La Haye en 1948. Le souci de faire d’une organisation pan-Européenne l’organisation du Peuple est inscrite dans les traités fondateurs. C’est l’Europe que nous défendons ! Nous Fédéralistes, nous souhaitons unir les Hommes, coaliser les Nations autour d’un même projet fédérateur, protecteur, social, libéral et humaniste. Nous souhaitons que tous puissent regarder le passé et se dire : « Nous vivons mieux maintenant, nous sommes davantage protégés, nous connaissons mieux le monde qui nous entoure ». Nous agissons pour les millions de Jeunes Européens qui attendent un sursaut de bienveillance de la part de leurs aînés !
    Alors, posez-vous la question de savoir quel est le meilleur pour nos lycéens, nos futurs citoyens, nos étudiants. L’Europe peut-elle leur apporter quelque chose ? Ayez la réflexion de l’avenir ! Le thème du débat est la mobilité des jeunes en Europe. L’Union Européenne n’est pas parfaite, mais ayez l’intelligence de regarder les Européens en face, avec justice. Dites-leurs, comme nous, que l’Europe est loin d’être parfaite, mais qu’elle réussit des choses, qu’elle agit pour eux ! Qu’elle apporte progrès et espoir ! Prouvez-leur que votre volonté se mélange aux principes Européens d’aide et d’assistance. Montrez à la Jeunesse de notre grande Nation, et mieux encore de tous les Peuples Européens, que la seule chose que vous leur souhaitez est leur réussite ! Ne laissez pas les ombres de l’Histoire entacher l’esprit humaniste et aventureux de notre Jeunesse ! Laissez la libre de choisir l’Europe ou de la refuser mais ne la contraigniez plus jamais !
    Pour que l’école soit l’école de la Liberté et non l’école de notre propre soumission engageons-nous pour plus d’Europe dans les programmes scolaires, portons les projets étudiants sur l’Europe, faisons bouger les Jeunes ! Assumons nos héritages et préparons le futur de notre Belle et Grande Jeunesse Européenne !
    Vive la Jeunesse, et vive l’Europe !
    Pierre Payan et les adhérents de l’Union des Fédéralistes Européens.

  2. Tout est faux. On nous fait passer pour de simple pion. Alors que non, c’est NOTRE projet, qui était entrain de s’organiser par NOUS. Et évidemment cet événement avait pour but de nous aider pour le bac. Nous avons JAMAIS parlé politique en cours, JAMAIS. Alors si pour vous le simple fait de créer un événement ayant pour but de nous aider à obtenir notre bac et à nous instruire n’est rien d’autre que de la politique âlors je suis sincèrement navré pour vous. En attendant merci à vous d’avoir écrit ceci surtout lorsque c’est un tissu de mensonge qui plus est nous fait perdre un aussi beau projet. Ne vous étonnez pas si les jeunes ne sont plus aussi impliqué(e)s dans leur travail. Bonne journée.

  3. L’Europe, aujourd’hui, a besoin d’être solidaire, juste, fédératrice, humaniste et de ce fait les Consultations Citoyennes permettent justement d’échanger des idées, de débattre et d’encourager cette « démocratie participative et représentative » des Européens.

    A l’heure des fausses informations sur les réseaux sociaux ou sur les médias, il est nécessaire que les Consultations Citoyennes se fassent sous différentes formes, que cela soit dans une école, auprès d’une association, dans un café, bref, partout tant que cela rentre dans le cadre transpartisan et hors des clivages politiques.

    La jeunesse européenne, c’est la facilité de se déplacer librement dans l’espace européen qu’avec une pièce d’identité, c’est également la liberté d’étudier à l’étranger à travers les échanges interculturels, type Erasmus, la liberté de voyager, d’apprendre plusieurs langues.

    La jeunesse a besoin de l’Europe et réciproquement, l’Europe a besoin de la jeunesse. N’oublions pas les heures sombres de l’Histoire, ces longues périodes de guerre, de totalitarisme. N’oublions pas l’Holocauste, la montée du nationalisme et du fascisme qui reviennent d’ailleurs aux portes de l’Europe. N’oublions pas non plus ce sentiment de certains Européens d’être perdus, désemparés, d’être des « laissés pour compte » sur notre continent. Il faut que ces Consultations Citoyennes permettent d’exprimer les doutes, les craintes mais également de présenter une Europe sociale, environnementale, citoyenne avec espoir et réalisme… Cette notion de « citoyenneté européenne » doit être inculquée. Chacun apporte sa réponse avec son propre « désir d’Europe ». Il faut des espaces de débat européen !

    La richesse du café citoyen que j’avais organisé le 9 juin, avec je précise et je ne le cache pas, il y avait des militants d’autres partis politiques, notamment quand je vous dis « Frexit », vous pensez à quel parti ? Bien au contraire, c’était enrichissant d’échanger des points de vue totalement différents des nôtres, et même si nous n’avons pas les mêmes opinions !
    Je peux remercier, tout de même Monsieur René Fredon, la personne qui a écrit cet article : certes cette Consultation Citoyenne est annulée, hélas, certes des élèves, des professeurs se sont impliqués dans ce projet, sans compter les organisateurs. Mais Monsieur Fredon, si vous lisez cette publication, sachez que je l’organiserai, ici, à St Maximin la Ste Baume et ailleurs, et ce n’est que le début. Je suis loin de m’arrêter sur cet échec, bien au contraire, je persiste et je signe : je parlerai d’Europe dans les lycées, et dans les collèges, grâce à l’Union des Fédéralistes Européens dont je suis extrêmement fier d’être actif et au Mouvement Européen bien sûr, sans compter l’aide d’Eurocircle de Marseille.
    « La machine est en route et non, je n’ai pas peur » : il faut parler d’Europe dans l’Education Nationale !

    Bref « Parlons et ensemble, réussir l’Europe ! »

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