Merci mon Référent !

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Décidément, la modestie est contagieuse dans l’entourage du Président de la République. Quatre jours après sa déambulation dans les bureaux de l’Élysée, qui se voulait décontractée autant qu’originale du moins dans sa forme, un jeune cadre varois du parti du président, dont nous découvrons le nom et le titre, vient nous dire ce qu’il faut « retenir de l’intervention télévisée de notre Président du 17 décembre 2017 »?

Quel privilège ! Vous savez, on a pu le voir et l’entendre à la télévision, main dans la main (ou presque) avec un journaliste, deviser de choses et d’autres, sans jamais avoir à craindre la moindre impertinence, la moindre relance d’une question qui passe mal (Si, si, il y en a, même au sein du groupe LREM). Son faire-valoir lui a demandé avec beaucoup de déférence : « Il y a un sapin dans votre cour. C’est la fin de l’année, que voulez-vous dire aux Français. N’ayez pas peur ? » Il a osé !

Cela a fait beaucoup sourire dans les chaumières et dans les rédactions, mêmes les plus acquises au style révolutionnaire (paraît-il ?) de notre dynamique président qui s’active beaucoup, certes mais dont on retient surtout -sauf au plus haut de l’échelle sociale- que, à part les inégalités qui se creusent, les droits qui reculent, jamais l’insécurité du lendemain n’avait été ressentie avec autant d’acuité.

Évidemment l’intervieweur, peu exigeant, ne l’a jamais amené sur ce terrain où l’on parle de la vraie vie, de l’emploi, des urgences sociales, des APL, des hôpitaux saturés comme beaucoup de maisons de retraite, et même des très chères, des migrants que l’on repousse sans humanité, de la planète qui se consume tandis que les profits explosent. Ou encore de l’Autriche qui vient de se donner un vice-chancelier pro-nazi et qui va présider l’Europe en juillet 2018…par exemple. Futilités ?

Et vous venez, Mr le…Référent départemental de la République en marche, et à ce titre, nous dire ce que nous devons retenir de cette prestation faussement bon enfant, un peu comme Giscard en pull-over autrefois, s’invitant dans une famille modeste, pour faire plus peuple ! Vous n’avez pas connu, trop jeune. Vous en avez de la chance !

Vous, vous retenez que Votre Président, comme vous diriez Votre Sainteté, « impulse la dynamique…et que c’est pour cela qu’il reste extrêmement populaire… » Heureusement, vous avez ajouté « …chez les marcheurs » ! On ne vous le fait pas dire.

Vous dites encore que notre surdoué de président « va faire de la France le leader de la révolution numérique, environnementale et de la finance. » De la finance, sûrement, il s’y emploie assurément et avec conviction. Nous sommes d’accord sur ce point. Il a recruté une bonne équipe aux finances : ce sont des libéraux au moins aussi convaincus que le patron. Plus, c’est difficile.

Ce constat n’est pas dû à votre explication de texte parfaitement redondante mais à l’observation de leurs actes et de leurs positions antérieures, pas de leurs discours actuels bien écrits, souvent par d’autres. Du culte du chef également -dont tout procède- qui fait de la démocratie un sujet de…référence formelle mais bien plus, un objet manifestement encombrant qui s’accommode mal avec la Res Publica, bien mieux avec une monarchie présidentielle.

Vous avez fait état de Trump, n’oubliez pas qu’il est « l’ami » du président. Il y a des signes qui ne trompent pas : la poignée de mains, par exemple, appuyée, secouée, l’intimité, quoi ? Vous croyez que Macron va le convaincre sur le climat ? C’est mal parti…malheureusement.

Voyez le budget des USA adopté cette semaine : la finance et le business d’abord ! Qui a copié sur l’autre ? Celui de Trump est passé de justesse. Les « démocrates » américains l’appellent « le président des riches » !

Ils peuvent partager. Pas de quoi en faire un incident diplomatique.

Ce qui les différencie : Trump veut les profits -pour quelques-uns- d’abord, tant pis pour la planète. Macron veut les deux : les profits Et sauver la planète…dit-il.

Et si la planète était menacée par la course aux profits ? Par le consumérisme et le productivisme débridés qui en découlent ?

René Fredon

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