Quelques petits cailloux dans la botte du Père Noël

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On vit une époque formidable. Trump, à la veille de Noël vient d’envoyer un « missile » au Moyen-Orient, reconnaissant Jérusalem comme capitale…d’Israël ! Histoire d’humilier un peu plus le peuple palestinien et de donner au terrorisme de Daesch qui se cache derrière l’islam, du grain à moudre car il est loin d’être éradiqué.
Notre président des riches, heureusement, nous rassure : il pense convaincre « son ami le président Trump » de revenir à la raison et d’avoir l’obligeance de bien vouloir respecter le droit international. On ne savait pas qu’il avait aussi des compétences dans le domaine de la…psychiatrie !
Sur le climat aussi il espère persuader son ami, sans trop de signes apparents de réussite. Le langage diplomatique a ses secrets, comme les banques et les gouvernements qui n’arrivent pas à mettre hors-la-loi les paradis fiscaux, à moins qu’ils soient inhérents à leur conception du…libre échange.
Dans ce cas, ils n’y sont pas pour rien, ce sont les banques, les très grandes banques, toutes privées, qui sont au-dessus des Etats…pour permettre aux très gros actionnaires, aux très grosses fortunes de garder pour eux, dans le secret légal, des milliers de milliards qu’ils soustraient aux budgets des Etats.

Devinez qui doit compenser les énormes manque-à-gagner ?
De La Beaucaire à l’Université, de l’Arsenal au Verdon, tous les Varois -ou presque- vous le diront : Macron est très actif au service de ces gens là -dont il est issu- et ne perd pas de temps pour imposer des reculs sociaux au plus grand nombre, plus encore à ceux qui sont déjà en grande précarité.

À tel point que la réunion visant à la cohésion des territoires qui s’est tenue à Cahors jeudi 14 décembre en présence du 1er ministre, aura été boycottée par l’Association des Maires de France représentée par un seul maire, à titre d’observateur ! Pourtant il ne s’agit pas d’une association de dangereux agitateurs.

Ils prennent acte que rien de leurs interrogations n’a été pris en compte : 120 000 emplois aidés ne seront pas remplacés, 13 milliards en 5 ans leur seront prélevés sur leur fonctionnement, la suppression de la taxe d’habitation : par quoi et comment sera-t-elle compensée ? La politique du logement social et l’avenir du secteur HLM dont le gouvernement veut regrouper les Offices et imposer ses critères de gestion : les menaces sont mutiples et imminentes.

Le marché de l’immobilier, le locatif privé, deux fois plus cher à surface égale que dans le secteur social réglementé, sont repartis à la hausse. Est-ce ainsi qu’on va résorber l’énorme déficit de logements sociaux ? Honorer le droit au logement pour chacun ? Personne ne peut y croire.

Nous aussi à Toulon et dans sa…métropole, nous avons un président qui pense surtout aux riches…si on veut bien se pencher sur l’aménagement du port et réfléchir à qui sont surtout destinés les investissements lourds d’argent public prévus pour attirer une certaine clientèle, nonobstant les nuisances de tous ordres.

L’expression de la population et de ses associations a contraint le président à louvoyer à quai mais il reste à remettre l’ouvrage sur le métier. Une proposition est lancée par le MART (mouvement d’actions pour la rade de Toulon) : une commission mixte d’élus et de citoyens pour réfléchir à l’amènagement du port écologiquement compatible.

Faire le constat d’une situation, de ses conséquences, qu’elle soit locale, nationale ou mondiale est une chose. Se mettre d’accord sur les causes profondes qui la génèrent, donc sur les solutions, en est une autre.

Ainsi, même une grande partie des victimes les plus avérées des politiques d’austérité, des licenciements abusifs, des réductions des dépenses publiques, des droits sociaux, du manque de services publics…ne croit pas, non seulement à l’efficacité d’agir « ça ne sert à rien, ils ne nous écoutent pas, pourquoi voter ?… », ils croient encore moins à une possibilité de changer à l’échelle d’un seul pays.

Évidemment la division des victimes, savamment entretenue, est une donnée objective qui conduit à la résignation, donc à la pérennisation du système capitaliste que l’immense majorité des médias fait en sorte de ne jamais caractériser. A bien nommer les choses on les rend plus compréhensibles.

Mais le plus dur reste à faire : quelle alternative à ces politiques qui nous enfoncent dans la précarité, la concurrence entre les salariés, les entreprises, les Etats… qui ne seraient dûes qu’à un seul facteur : les évolutions technologiques, le numérique, la robotique..? Donc fatales ? Comme autrefois la machine à vapeur, puis l’électricité ? C’est un peu court.

Obsolète la lutte des classes, l’appropriation du travail salarié et des richesses par les seuls actionnaires ? Voyons donc : et la productivité du travail multipliant le profit par des coefficients vertigineux…Chut, ce serait le fruit du travail « des meilleurs d’entre nous », nous dit-on, ou du statut de propriétaire de l’outil du travail utilisant la main-d’oeuvre salariée et s’appropriant les résultats ?

Comment s’est fondée la propriété privée aux États-Unis, l’un des plus récents états-nations et qui a fait du chemin ? Qu’on y réfléchisse. (Pour ne prendre que cette dernière séquence)

Et à quoi a-t-elle servi sinon à être préservée, défendue puis agrandie, ajoutant la puissance pour l’influence et la domination sur sur le monde… Au nom de quoi ? de quels intérêts ?

Se poser la question c’est sans doute trouver la réponse aux freins du développement économique, social et écologique alors qu’on a besoin d’un changement de cap résolu, d’une vraie révolution, pour pouvoir créer les conditions d’une vie décente pour chacun, mais aussi pour donner un sens à la vie, réalisation de soi, culture de paix ou loi du plus fort ? la solidarité, la coopération ou la compétition/concurrence ? C’est devenu impératif pour la survie de la planète et de toutes les espèces vivantes, humains inclus bien entendu.

Notre-Dame des Landes est une illustration des questions à forte valeur symbolique et politique qui nous traversent et qui touchent à notre environnement, à nos modes de vie en liaison avec l’utilité sociale telle qu’on la concevait -peu importe les conséquences du moment qu’on en a décidé l’utilité : un aéroport international. Sans doute mais on ajoute du CO2 au moment où -au niveau de la planète- l’on décide de le réduire, sauf que l’un des deux plus grands pollueurs se désengage ?

Le ministre de l’Écologie y joue sa crédibilité. L’on sent que Macron penche pour un renoncement, sans y perdre la face. Rude épreuve en perspective.

Pour beaucoup, le néolibéralisme ne serait qu’une perversion de l’économie dominante fondée sur la propriété privée des moyens de production et d’échanges. Au fond la prétendue « libre concurrence » serait la condition de la croissance et de la bonne répartition des profits qui en résultent…un cheval, une alouette ! Le cheval pour une poignée d’actionnaires…l’alouette, pour tous les autres.

C’est cela qu’on subit et qui invalide de telles théories, lesquelles envahissent l’espace public au point de ne plus être confrontées avec celles qui s’appuient sur l’expérience vécue par les peuples. Une vision progressiste parfaitement réaliste existe d’un avenir à construire…sur d’autres bases que la soumission au capital et la résignation à l’idéologie dominante véhiculée par les gouvernements précédents et actuel.

C’est au sein même de ces forces progressistes de gauche et écologistes que peuvent émerger ce débat et cette volonté de faire converger les résistances, les luttes encore trop morcelées de l’ensemble des victimes qui ne perçoivent pas encore le noeud qui serre le cou de notre démocratie tronquée par la puissance perverse de l’argent-roi.

C’est toute l’ambition des communistes de contribuer à toutes les mobilisations et à cette clarification.

René Fredon

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