Pour le rassemblement et l’alternative à gauche

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Le gouvernement Macron nous est vendu à longueur de journée comme le fin du fin de l’originalité et de l’ouverture. Oui mais à droite ! Les principaux ministères chargés du social et de l’économie sont, avec le 1er ministre, directement issus des LR et du centre. Leurs cabinets se meublent de collaborateurs qui ont, pour la plupart, servi sous Sarkozy et même Chirac. Les « novices » de la société civile sont acquis au libéralisme. Ne leur parlez pas de collaboration des classes, ils pensent qu’elles n’existent plus !

Les « Hollandistes » ont fait mouvement vers Macron avant même le 1er tour de la présidentielle. Il en est quelques-uns qui se présentent aux législatives soit avec l’étiquette « En marche », soit pour faire partie de sa majorité -si elle y arrive ?- avec le label PS. D’autres, autour de Benoit Hamon se situent dans l’opposition.

L’ex-ministre Cazeneuve parle même de la « béatitude » qui aurait gagné le si jeune et sémillant président de la République qui ferait un « sans faute » dans l’arène internationale, osant serrer fortement la main de Trump tout en le regardant dans les yeux : quel courage ! La chancelière allemande n’a pas mâché ses mots à l’égard du superman donneur de leçons, soulignant, de fait, la crise profonde au sein du G7, de l’OTAN sous direction US et de l’Europe empêtrée dans le Brexit et les effets de ses politiques d’austérité.

Un gouvernement déjà fragilisé

Le Premier ministre s’est empressé de vouloir nous rassurer en annonçant un projet de loi sur la moralisation de la vie publique…entre les deux tours ! De qui se moque-t-on ? Et en pleine relance de quelques entorses concernant deux ministres notamment : Ferrand  et De Sarnez ? C’est tout le gouvernement qui se trouve déjà fragilisé. Le ministre de la Justice lui-même est mis en examen pour diffamation, par l’association El Systema.

Mais la communication, comme la lutte contre le terrorisme, la défense, la politique étrangère partent de l’Elysée. On reste dans l’esprit de la 5ème…monarchie  républicaine.
Le programme est connu : « à droite toutes et plus vite que ça ». Il n’a pourtant obtenu que 24 % des suffrages et l’adhésion enthousiaste du MEDEF, le ralliement d’une partie des LR, des centristes, des libéraux dits modérés. Histoire de se distinguer de la droite dure qui veut arrêter l’hémorragie de ses troupes vers le FN.

Voilà qu’avant même le second tour, le chef de file des LR écartelés, comme au PS, vient de faire acte de désistement en direction de la REM en cas de danger FN. C’est dire à quel point ils se sentent vulnérables, le Var avec huit sortants LR craint particulièrement pour son hégémonie…

Se dessine à droite un pôle ultralibéral autour de Macron, un pôle encore plus conservateur autour des LR -s’ils évitent l’absorption- et un pôle identitaire, nationaliste, xénophobe…avec le FN, lui-même en crise malgré sa progression en voix et qui se cherche des alliés pour sortir de son isolement.

Un vote de rassemblement et de perspective pour tous les progressistes

A ce propos, on se demande où donc Mélenchon et ses lieutenants ont vu qu’ils avaient fait reculer le FN ?? Ce n’est pas parce que de très bons scores ont été obtenus en milieu urbain par le candidat de la FI soutenu par le PCF que le FN a reculé mais parce qu’une dynamique à gauche s’est créee et a permis de passer devant.

Le FN en 2017 a doublé les voix du père-fondateur en 2002 ! Sa fille, avec 10,644 millions de suffrages le 7 mai dernier, réalise le plus gros score de son histoire. Elle gagne 1,2 million sur le 1er tour de 2012 et, au second tour de 2017, progresse encore de 3 millions de voix !

Le danger est loin d’être écarté surtout si l’on ne perd pas de vue ce que veut faire Macron s’il devait avoir une majorité parlementaire. Une régression sociale encore plus forte, un pouvoir encore plus personnel, la précarisation de la société, les protections sociales, les droits des salariés laminés, ceux du patronat renforcés, les services publics livrés au privé, le profit de quelques-uns privilégié à la justice sociale pour tous, la souveraineté livrée au bon vouloir d’une Europe du capital conçue pour perpétuer sa domination, l’environnement sacrifié par delà les bonnes intentions proclamées…à travers le filtre des éléments de langage.

Les candidats présentés par le PCF incarnent l’opposition résolue à de telles orientations. Ils regrettent que la FI ait adopté une stratégie visant sa propre hégémonie, sacrifiant des dizaines de sièges qui pourraient être conquis sur la droite, EM et le FN si des candidatures uniques avaient prévalu dans chaque circonscription. Ce que le PCF n’a cessé de lui proposer à tous les niveaux.

JLM a préféré tenter le jack-pot et tirer seul les marrons du feu, espère-t-il. Les candidats communistes défendent une autre conception du rassemblement pour une majorité résolument à gauche, c’est-à-dire pluraliste, anti-libérale, laïque, humaniste, tournée vers l’avenir, les coopérations et la paix entre les peuples, pour construire une France en commun avec toutes les forces progressistes et écologistes disponibles.

Il est possible et indispensable de parvenir à l’élection d’une forte opposition de gauche si l’on veut ouvrir une perspective aux luttes sociales qui se profilent. Et du même coup tarir la source alimentée par les politiques d’austérité sur lesquelles prospère la démagogie de l’extrême-droite.

Le vote communiste en est le rempart le plus solide comme il est un élément incontournable de la reconstruction d’une gauche véritable pour sortir des impasses du libéralisme.

René Fredon

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