Lettre ouvert d’Elsa Di Méo

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Messieurs les candidats de la droite,
Vous avez pris le chemin de la rentrée politique. Comme des enfants qui rentrent en classe préparatoire, vous avez ouvert la boîte de Pandore de votre primaire. Bronzage d’été, chemises remontées, vous avez donné le ton ce weekend de ce qui sera – j’en suis sûre à présent – la plus longue, la plus nauséabonde des années que la Ve République ait vécue en période électorale.

Je vous accuse d’avoir désigné « un bouc émissaire » : les musulmans. De France, immigrés, réfugiés ou étrangers, ils sont devenus le défouloir de vos ambitions et de votre avidité de pouvoir.

Je vous accuse de mépriser le droit lorsque vous brandissez des propositions qui contreviennent à notre Constitution, aux droits de l’homme et aux conventions internationales auxquelles la France est partie.

Je vous accuse de contrevenir à la laïcité républicaine. En voulant mettre sous tutelle l’islam de France M.Fillon, en affirmant que le problème ne sont pas les religions, mais une seule et unique religion M.Sarkozy. Religion à qui vous réservez quant à vous M.Juppé, et à elle seule, un pacte-charte fixant les règles du jeu. La règle du jeu, c’est l’égalité laïque et républicaine.

Par cynisme, vous vous rendez complice de racisme
Je vous accuse de fragmenter la République consciemment et sans vergogne.

Je vous accuse de vous rendre complice de racisme, non par faiblesse d’esprit, mais par tactique et par ce qui est sans aucun doute le plus grand cynisme de la Ve république.

Je vous accuse de crime de lèse-république quand vous mettez en miette tant notre pacte social que notre pacte républicain .

Je vous accuse de mettre à mal les racines historiques de la France : le pacte et les valeurs républicaines.

Je vous accuse de méconnaître la République française. Celle ci est plurielle, diverse, mixte. Elle est une et indivisible. Elle ne connaît qu’une seule communauté, la communauté nationale. Elle est belle parce qu’elle avance dans le sens de l’histoire. Sa force intégratrice réside dans son ouverture et non dans le repli identitaire et essentialiste que vous proposez.

Je vous accuse de mener dans la presse et l’opinion publique une campagne abominable contre les musulmans de France pour égarer l’opinion et couvrir vos fautes.

Je n’ai qu’une passion, celle de la République
J’accuse chacun d’entre vous, MM. Juppé, Sarkozy, Fillon d’être des fossoyeurs. Je vous enjoint de rendre le nom dont vous usurpez l’usage. « Les Républicains » ont disparu. Nombre d’entre vous doivent se réveiller dans leurs tombes.

Je vous accuse, en décomplexant la droite, de sortir du champ républicain. Déplacer le curseur politique de votre famille politique vous regarde. Emmener sur les thèmes de l’extrême droite le peuple de droite relève de la trahison nationale.

J’accuse chacun d’entre vous d’être inhumains en traitant les réfugiés et les migrants comme des individus déshumanisés à qui vous supprimeriez le droit de vivre en famille ou d’avoir accès au service public de santé de notre pays des droits de l’homme.

Je n’ai qu’une passion, celle de la République, la République des Lumières. Celle qui émancipe les individus dans le progrès collectif, celle du vivre ensemble et qui nous donne droit au bonheur. Ma protestation enflammée n’est que le cri de mon âme. Que l’obscurité des vôtres soit révélée au grand jour.

J’attends.
Elsa Di Méo
Secrétaire nationale PS

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